Lezennes Mail

Blog de dominique delhaye : textes d'humeur, poésie, politiquement contre, humour, coups de gueule, littérature, critique, photos, dessins, art

samedi 12 septembre 2009

LEZENNES MAIL SOLLERSTIME 24

snap24

Aucun doute, vous êtes sur la liste du Camp. Il vous est interdit de devenir qui vous êtes (page 143) non pas ce que vous êtes l'image que vous avez de vous-même qui ressemble trop étrangement à celle que les autres projettent sur vous pas facile de décanter hein le terrain éparpillé dans chaque coin de forêt du même partout des images toutes faites à chacun son football qu'on vous plaque pour plus de sécurité on sait à quoi s'en tenir prisonnier de leurs vitrines respectives pas moyen d'aller plus loin c'est leur objectif qu'à cela ne tienne numéro un ou deux ou sept ou rien multiples warholiens il suffit de changer de couleurs de dentifrices de boites de conserves le tour est joué du plat à plat de couture et si cela ne suffit pas on vous construit un background d'enfer des pieds de plomb et vous appelez cela une vie le loin l'infini vite dit vite fait des mots sans lumière des mots soldés des mots marchandises pour ne pas aller au-delà si t'as conscience de cela tu pourras vraiment entrevoir le chant clair  des malheurs nouveaux tu pourras enfin sortir de la domestication de l'être m'enfin arrêtez de poursuivre saint philippe sur des pacotilles de bazar mule papale et compagnie de l'attaquer furieusement hystériquement onfreusement sur des cédilles de religion un peu de hauteur s'il vous plaît Ainsi certaines gens, faisant les empressés, / S'introduisent dans les affaires : / Ils font partout les nécessaires, / et, partout importuns, devraient être chassés ( La Fontaine) et encore vous avez de la chance saint philippe se propose même de s'exposer à toutes les critiques dans les fameuses universités libres silence on tourne la page se froisse ainsi passent les amateurs supérieurs de la mal-y-pense

[traduction possible]

Aucun doute, vous êtes sur la liste du Camp. Il vous est interdit de devenir qui vous êtes. Page 143. Non pas ce que vous êtes, l'image que vous avez de vous-même - qui ressemble trop étrangement à celle que les autres projettent sur vous-. Pas facile de décanter, hein ! Le terrain éparpillé dans chaque coin de forêt du même ! Partout des images toutes faites ! A chacun son football - qu'on vous plaque pour plus de sécurité -, on sait à quoi s'en tenir ! Prisonnier de leurs vitrines respectives. Pas moyen d'aller plus loin. C'est leur objectif. Qu'à cela ne tienne ! Numéro un ou deux, ou sept ou rien, multiples warholiens, il suffit de changer de couleurs, de dentifrices, de boites de conserves, le tour est joué ! Du plat à plat de couture ! Et si cela ne suffit pas, on vous construit un background d'enfer, des pieds de plomb. Et vous appelez cela, une vie, le loin, l'infini ! Vite dit vite fait ! Des mots sans lumière, des mots soldés, des mots marchandises, pour ne pas aller au-delà ! Si t'as conscience de cela, tu pourras, vraiment, entrevoir le chant clair  des malheurs nouveaux, tu pourras, enfin, sortir de la domestication de l'être. M'enfin ! Arrêtez de poursuivre saint Philippe sur des pacotilles de bazar, mule papale et compagnie, de l'attaquer furieusement, hystériquement, onfreusement, sur des cédilles de religion ! Un peu de hauteur s'il vous plaît ! Ainsi certaines gens, faisant les empressés, / S'introduisent dans les affaires : / Ils font partout les nécessaires, / et, partout importuns, devraient être chassés. La Fontaine. Et encore, vous avez de la chance, saint Philippe se propose même de s'exposer à toutes les critiques dans les fameuses universités libres .Silence, on tourne ! La page se froisse. Ainsi passent les amateurs supérieurs de la mal-y-pense.

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mercredi 9 septembre 2009

LEZENNES MAIL SOLLERSTIME 23

snap23

Quoi de plus vivant et bouleversant qu'un livre ? Son coeur bat. Il s'écoute.... Une pile, des piles, des colonnes, des ponts, des courants, du sang.(page 137) le livre considéré comme une circulation de sang ne venez pas me contrarier s'il vous plaît l'idée me plaît nettement plus efficace que la cocaïne qu'est-ce que vous en savez il suffit de circuler dans les métros côtoyer les  trottoirs mon coco l'imagination bat son plein embarquement pour cythère parfums frais comme des chairs d'enfants parfums couleurs sons parfums rumeurs de ville le soir, et au soleil, et toujours /.../ ce poison va rester dans toutes nos veines vous imaginez un peu c'est le grand soir dans les têtes symphonie des ombres et des murmures la mer dans la mer nous maudits serons de grands anges au front d'airain non vraiment n'en parlons plus on ne pourra jamais se comprendre dommage l'idée est pourtant simple non mystérieuse fada va

[traduction possible]

Quoi de plus vivant et bouleversant qu'un livre ? Son coeur bat. Il s'écoute.... Une pile, des piles, des colonnes, des ponts, des courants, du sang. Page 137. Le livre, considéré comme une circulation de sang et ne venez pas me contrarier, s'il vous plaît ! L'idée me plaît. Nettement plus efficace que la cocaïne. Qu'est-ce que vous en savez ? Il suffit de circuler dans les métros, côtoyer les  trottoirs, mon coco, l'imagination bat son plein, embarquement pour Cythère, parfums frais comme des chairs d'enfants, parfums couleurs sons, parfums rumeurs de ville le soir, et au soleil, et toujours /.../ ce poison va rester dans toutes nos veines. Vous imaginez un peu ? C'est le grand soir dans les têtes, symphonie des ombres et des murmures, la mer dans la mer, nous, maudits, serons de grands anges au front d'airain. Non, vraiment, n'en parlons plus ! On ne pourra jamais se comprendre. Dommage ! L'idée est pourtant simple, non mystérieuse. Fada, va !

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lundi 7 septembre 2009

LEZENNES MAIL SOLLERSTIME 22

snap22

humour insolence vie plus que jamais à soi de soi d'elle en elle pour elle portrait du joueur avec partition musicale de studio le bonheur suite et infini avec les voyageurs du temps Je n’hésite pas. Je cultive volontairement des moments de travers. Geneviève m’attirait. Délinquante de camps de vacances. Elle m’attirait pour oublier qui elle était et avec qui elle était. Elle s’ingéniait à ne jamais montrer ce qui la faisait jouir. Elle fonçait tête baissée dans le lit, le sable et les bois. Et nous passions le plus clair de notre temps à nous oublier dans le plaisir. Unique moment. Uniques humains. Au grand désespoir d’autrui qui tentait d’établir entre nous des murs avec les briques que nous jetions pêle-mêle sous un soleil assourdissant. Je la vois encore s’allongeant de tout son corps l’arbre qu’elle embrassait. Passion animale, dévorante. Si nous nous aimions? n’était pas notre problème. Déranger au possible nos habitudes? Certainement. Dormir le plus tard possible, n’être jamais à l’heure, lire à voix haute du Sade en pleine librairie, déjeuner ensemble pour ensuite retourner au lieu de dressage pour s’entendre dire qu’il n’était pas de notre ressort d’être libres comme nous l’entendions. Ca oui. Encore et  tout de suite, là, maintenant. Rosta 1996

[traduction non nécessaire]

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samedi 5 septembre 2009

LEZENNES MAIL SOLLERSTIME 21

snap21

Je marche sur un chemin qui ne mène à rien sauf à des clairières imprévues. Je ne les cherche pas, elles me trouvent (page 92) et puis quoi encore monsieur plagie pablo picasso monsieur lui fait dire n'importe quoi non je transpose je mozartise du ut en ré du clair-obscur en clairières et ça vous mène où tout ça ah à rien comme vous dites  perte de temps enfantillages ça n'a pas de sens eh comment la vie n'est pas une sphère où vous touchez ses parois quel intérêt oui vraiment quel intérêt boutons partout alarmes peur guerre restez chez vous danger attention fais pas ci fais pas ça je ne suis pas une boîte non mais attendez je ne vous suis plus ce n'est pas grave prenez à droite puis à gauche lisez le panneau d'indication posez votre doigt et cherchez si vous ne trouvez pas prenez vos lunettes ça y est là vous avez trouvé et alors qu'est-ce qui est écrit à haute voix s'il vous plaît  at... ten... tion... piège... à … cons bien vous y êtes

[traduction possible]

Je marche sur un chemin qui ne mène à rien sauf à des clairières imprévues. Je ne les cherche pas, elles me trouvent. Page 92. Et puis quoi encore ? Monsieur plagie Pablo Picasso. Monsieur lui fait dire n'importe quoi. Non, je transpose, je mozartise du ut en ré, du clair-obscur en clairières. Et ça vous mène où, tout ça ? Ah ! A rien. Comme vous dites,  perte de temps, enfantillages, ça n'a pas de sens. Eh comment ! La vie n'est pas une sphère où vous touchez ses parois. Quel intérêt ? Oui, vraiment, quel intérêt ? Boutons partout, alarmes, peur, guerre. Restez chez vous. Danger, attention. Fais pas ci, fais pas ça. Je ne suis pas une boîte. Non, mais attendez ! Je ne vous suis plus. Ce n'est pas grave, prenez à droite, puis à gauche. Lisez le panneau d'indication, posez votre doigt et cherchez si vous ne trouvez pas. Prenez vos lunettes. Ca y est, là, vous avez trouvé et alors qu'est-ce qui est écrit ? A haute voix, s'il vous plaît :  at... ten... tion... piège... à … cons. Bien, vous y êtes.

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jeudi 3 septembre 2009

LEZENNES MAIL SOLLERSTIME 20

snap20

Je passe sur les impasses, plus ou moins tragiques ou comiques, des névroses ou de la petite monnaie perverse de tout ce bordel, le con d’Irène, les yeux aveugles d’Elsa, les pactes opaques de transparence (tu parles), les engagements ou les révulsions politiques qui s’ensuivent… (page 92) aragon 8 mai 1968 place de la sorbonne  l'homme qui, au début de ce siècle, fut le plus doué, le plus littérateur de tous (il lui suffisait, paraît-il, d'enregistrer ses improvisations pour obtenir le texte le plus brillant, le plus péremptoire) ; beau, séduisant, léger, avec sa collection de deux mille cravates ; dadaïste, surréaliste qui dans le manifeste collectif contre Anatole France en 1924 avait écrit : "Avez-vous déjà giflé un mort ? Que donc celui qui vient de crever au coeur de la béatitude générale s'en aille à son tour en fumée! Il reste peu de choses d'un homme : il est encore révoltant d'imaginer de celui-ci, que de toutes façons il a été. Certains jours, j'ai rêvé d'une gomme à effacer l'immondice humaine". Quarante-deux ans plus tard, il est dévoilé en plan "serré". L'homme aux deux mille cravates se révèle : il a la gorge serrée par l'une d'entre elles, il a la bouche ouverte, sans langue, ni dent. Tandis que l'étudiant, au cou dégagé, sort sa langue et montre ses dents. Moqueur, dadaïste dans l'âme, il est celui qui gifle le mort que l'histoire a congelé pour avoir trahi ses convictions révolutionnaires passées. Le temps des cravates est révolu. Gomme du temps qui passe. Mai 68 ou « je ne pourrais jamais envoyer l'amour par la fenêtre (Rimbaud) » printemps 1998 juste en passant comme ça je ne peux pas m’en empêcher plus fort que moi

[traduction possible]

Je passe sur les impasses, plus ou moins tragiques ou comiques, des névroses ou de la petite monnaie perverse de tout ce bordel, le con d’Irène, les yeux aveugles d’Elsa, les pactes opaques de transparence (tu parles), les engagements ou les révulsions politiques qui s’ensuivent… Page 92. Aragon. 8 mai 1968. Place de la Sorbonne. L'homme qui, au début de ce siècle, fut le plus doué, le plus littérateur de tous (il lui suffisait, paraît-il, d'enregistrer ses improvisations pour obtenir le texte le plus brillant, le plus péremptoire) ; beau, séduisant, léger, avec sa collection de deux mille cravates ; dadaïste, surréaliste qui dans le manifeste collectif contre Anatole France en 1924 avait écrit : "Avez-vous déjà giflé un mort ? Que donc celui qui vient de crever au coeur de la béatitude générale s'en aille à son tour en fumée! Il reste peu de choses d'un homme : il est encore révoltant d'imaginer de celui-ci, que de toutes façons il a été. Certains jours, j'ai rêvé d'une gomme à effacer l'immondice humaine". Quarante-deux ans plus tard, il est dévoilé en plan "serré". L'homme aux deux mille cravates se révèle : il a la gorge serrée par l'une d'entre elles, il a la bouche ouverte, sans langue, ni dent. Tandis que l'étudiant, au cou dégagé, sort sa langue et montre ses dents. Moqueur, dadaïste dans l'âme, il est celui qui gifle le mort que l'histoire a congelé pour avoir trahi ses convictions révolutionnaires passées. Le temps des cravates est révolu. Gomme du temps qui passe. Mai 68 ou « je ne pourrais jamais envoyer l'amour par la fenêtre (Rimbaud) ». Printemps 1998. Juste en passant comme ça ! Je ne peux pas m’en empêcher. Plus fort que moi.

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mardi 1 septembre 2009

LEZENNES MAIL SOLLERSTIME 19

snap19

Non vraiment ce n’est pas possible j’en ai mal aux yeux je n’arrive pas à le suivre île de ré jazz johnny dodds afrique breton picasso novalis nietzsche erhenbourg shakespeare bunuel crevel raspail le tout en quelques pages où est le lien hein où est l’autoroute c’est quoi ces chemins détournés ces hauts ces bas ces endroits ces envers pays ville noms et son postier seiche sèche fume fume c’est du belge non mon con pas de sédiments des points dans l’espace qu’il joint qu’il lie qu’il ouïe c’est quoi cet hurluberlu écoutez calmez vous y a plus de repères oui c’est cela plus de re-pères on en a soupé vous ne voyez vraiment rien et les oiseaux qu’est-ce que vous en faites vous les regardez vraiment les oiseaux quoi quoi les oiseaux merde vous êtes mur ou quoi vous ne voyez pas cette gaieté cette joie dans l’air on est loin de ce qui pèse chagrine les oiseaux semblent ignorer l’ennui ; ils changent de lieu à tout instant, passant d’un pays à un autre, insoucieux des distances, s’élevant d’un trait, avec une aisance stupéfiante Leopardi Eloge des oiseaux (page 14) stupéfiant non c’est le mot là-dessus circulez il n’y a rien à voir

[traduction possible]

Non vraiment, ce n’est pas possible ! J’en ai mal aux yeux. Je n’arrive pas à le suivre : île de Ré, jazz, Johnny Dodds, Afrique, Breton, Picasso, Novalis, Nietzsche, Erhenbourg, Shakespeare, Bunuel, Crevel, Raspail, le tout, en quelques pages. Où est le lien, hein ? Où est l’autoroute ? C’est quoi ces chemins détournés ? Ces hauts, ces bas, ces endroits, ces envers ? Pays, ville, noms, et son postier, seiche, sèche, fume, fume c’est du belge ! Non, mon con ! Pas de sédiments. Des points dans l’espace qu’il joint, qu’il lie, qu’il ouïe. C’est qui, cet hurluberlu ? Ecoutez, calmez vous ! Y a plus de repères, oui, c’est cela. Plus de re-pères. On en a soupés. Vous ne voyez vraiment rien. Et les oiseaux ? Qu’est-ce que vous en faites ? Vous les regardez vraiment, les oiseaux ? Quoi, quoi les oiseaux ? Merde, vous êtes mur ou quoi ? Vous ne voyez pas ? Cette gaieté, cette joie dans l’air ? On est loin de ce qui pèse, chagrine. Les oiseaux semblent ignorer l’ennui ; ils changent de lieu à tout instant, passant d’un pays à un autre, insoucieux des distances, s’élevant d’un trait, avec une aisance stupéfiante. Leopardi. Eloge des oiseaux. Page 14. Stupéfiant, non ? C’est le mot. Là-dessus, circulez, il n’y a rien à voir !

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dimanche 30 août 2009

LEZENNES MAIL SOLLERSTIME 18

snap18

Joyce. Il envisage de faire continuer Finnegans Wake par quelqu’un d’autre, et tâte le terrain dans ce sens. C’est impossible, mais la possibilité est posée, la façon de vivre le prouve. Toutes ces aventures indiquent la certitude d’avoir mis la main sur une clé. «Allez, la musique », dit Ducasse «  la clé de l’amour » dit Rimbaud (page 70) A la brasserie "Le Commerce", place Stanislas, les fauteuils nous attendaient avec gourmandise. Nous étions, en cette fin d'après-midi, trois, Nancy, Gilles et moi. Et nous ne cessions de parcourir les routes des voyages, les « sentiers ocreux », les innombrables paradis de l'enfance. Nous descendions, en barques fermées à tout autre lumière que celle de notre rage, de nos vertiges, le Monde : de l'Irlande à l'île de Madagascar, en étreignant le Sénégal et la Thaïlande. Comment poursuivrons-nous ? me suis-je dit. "Allez! Voici la punition - En marche!...La nuit roule dans nos yeux." M'ont-ils compris ? La beauté boude "l'oreiller sur la bouche" et Gilles parle, se dévoile un peu, nous parle de ses souffrances. Et Nancy écoute, s'arrête au bord du lac de la tristesse, déposée à ses pieds. Veulent-ils que nous disparaissions ? Il n'est plus temps. Les paroles sont douces, elles soulagent, elles s'approchent et déshabillent les bures des convenances sociales. Nous étions là, navigateurs de nos solitudes et personne - quel que soit le pouvoir - ne pourra nous battre : ils ne nous atteindront pas. L'enchantement n'a point de griffes. Nos rythmes instinctifs font fuir les délires grotesques, les Attila en tout genre et dérailler les discours dont sont trempés la plupart des complaisants aux paroles du pouvoir. Pendant une semaine, nous nous sommes évadés. Et ce temps nous a appartenu. Nancy Station. 1995

[traduction non nécessaire]

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vendredi 28 août 2009

LEZENNES MAIL SOLLERSTIME 17

snap17

je ne vois à l’horizon aucune pensée qui résisterait à l’offensive des multiples talons de fer la ruse n’est jamais pas toujours malheureusement dans le camp des plus faibles pas moral pas propre pas honnête mais que lisent-ils donc comment comprennent-ils l’histoire pourquoi refusent-ils de s’en emparer j’entends crier tous ensemble tous ensemble oui et alors pourquoi faire des tentatives il y en a eu pas vues pas entendues mieux vaut des charniers sur quoi pleurer ensuite avec rescapés à médailles militaires anciens combattants à feuilles de choux défilé sur la tombe du soldat inconnu et puis encore tout ça parce qu’ils se refusent de penser d’aller au-delà de leur aveuglement obstiné non ni dieu ni maître pas la version médiatique édulcorée non vingt siècles de macération religieuse et pas foutu de voir en voltaire un lecteur de textes religieux pas foutu de voir dans la condition humaine de malraux la scène de la Scène du nouveau testament non rien vous-dis-je toujours plus enclins les Parasites à liquider la Bête à pousser au suicide les têtes qui dépassent leur faut-il un troisième testament après celui du père, du fils, celui de l’esprit allons donc ce genre de propriété est obsolète mieux vaut l’analphabétisme et comment et au plus vite

[traduction possible]

Je ne vois à l’horizon aucune pensée qui résisterait à l’offensive des multiples talons de fer. La ruse n’est jamais - pas toujours malheureusement dans le camp des plus faibles - pas moral, pas propre, pas honnête. Mais que lisent-ils donc ? Comment comprennent-ils l’histoire ? Pourquoi refusent-ils de s’en emparer ? J’entends crier, tous ensemble, tous ensemble. Oui, et alors ? Pourquoi faire ? Des tentatives, il y en a eues. Pas vues, pas entendues. Mieux vaut des charniers sur quoi pleurer, ensuite avec rescapés à médailles militaires, anciens combattants à feuilles de choux, défilé sur la tombe du soldat inconnu et puis encore tout ça, parce qu’ils se refusent de penser, d’aller au-delà de leur aveuglement obstiné. Non ni dieu ni maître, pas la version médiatique édulcorée, non, vingt siècles de macération religieuse, et pas foutu de voir en Voltaire un lecteur de textes religieux, pas foutu de voir, dans La Condition humaine de Malraux, la scène de La Cène du nouveau testament. Non. Rien, vous-dis-je. Toujours plus enclins, les Parasites, à liquider la Bête, à pousser au suicide les têtes qui dépassent. Leur faut-il un troisième testament ? Après celui du père, du fils, celui de l’esprit ? Allons donc ! Ce genre de propriété est obsolète. Mieux vaut l’analphabétisme. Et comment ! Et au plus vite !

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mercredi 26 août 2009

LEZENNES MAIL SOLLERSTIME 16

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La Bête fait travailler ses Parasites. (page 53)  Onfray lui en voudrais-je dans Siné Hebdo en rajoute une couche Philippe Sollers dit beaucoup de bien du premier [Debord], organisateur de son invisibilité médiatique, mais publié de son vivant chez Gallimard ; en revanche, il n’a jamais rien écrit sur Raoul Vaneigem resté fidèle à son Traité du savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, aujourd’hui grand vivant radieux. Je suis sûr que Raoul n’a jamais songé à léguer sa jambe de bois ( qu’il n’a pas, rassurez-vous…) à la BN. Je ne suis pas certain que Sollers n’ait pas fait promettre à son légataire universel que son fume-cigarette n’aille pas rejoindre la table de saint-Guy… mais de quoi je me mêle se sent-il ridicule pas le moins du monde il déguste et gratuitement par dessus le marché culture supérieure oblige et profondeur de pensée les champs en sont infestés Rien de plus moral, au fond, qu’un parasite (page 44)

[traduction possible]

La Bête fait travailler ses Parasites. Page 53. Onfray - lui en voudrais-je ? - dans Siné Hebdo, en rajoute une couche. Philippe Sollers dit beaucoup de bien du premier [Debord], organisateur de son invisibilité médiatique, mais publié de son vivant chez Gallimard ; en revanche, il n’a jamais rien écrit sur Raoul Vaneigem resté fidèle à son Traité du savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, aujourd’hui grand vivant radieux. Je suis sûr que Raoul n’a jamais songé à léguer sa jambe de bois ( qu’il n’a pas, rassurez-vous…) à la BN. Je ne suis pas certain que Sollers n’ait pas fait promettre à son légataire universel que son fume-cigarette n’aille pas rejoindre la table de saint-Guy… Mais de quoi je me mêle ? Se sent-il ridicule ? Pas le moins du monde. Il déguste, et gratuitement par dessus le marché ! Culture supérieure oblige ! Et profondeur de pensée ! Les champs en sont infestés. Rien de plus moral, au fond, qu’un parasite ! Page 44.

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lundi 24 août 2009

LEZENNES MAIL SOLLERSTIME 15

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avant la nuit après le jour / avant le jour après la nuit / je suis un moment un moment caillou / un moment herbe / suspendu / je suis la goutte du moment / pétrifié et liquide / limpide et dur l’arbre de ciel / plonge sa tête / dans le creux d’un univers / vastitude perlée / où j’accroche / l’instant / l’instant inétouffable du moment / moment de soudures brèves / moment d’un mot / faible / de faible puissance / mot que je décroche / de sa gangue / de pierre dure / du commun acier / lisse falaise / où glissent les doigts / les crocs / où s’enlisent les devoirs / les savoirs / les mouroirs / du verbe fini / noir langage / où s’infiltrent / des lumières indéfinies  / moment dur / moment incoagulable / du temps / du temps vivant / du temps d’être vivant  L’inétouffable 1990

[ pas de traduction ]

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