samedi 3 mai 2008
LEZENNES MAIL SCORIES / 74
FIN
vendredi 2 mai 2008
LEZENNES MAIL SCORIES / 73
Va donc eh patate ! Mais c’est vrai, de quoi je me mêle ! Laissez-moi tranquille. Je ne vous ai rien demandé. Vous allez encore me dire que tout cela n’a ni queue ni tête. Du va comme je te pousse ! Sans plan préalable ! De manière aveugle. Qu’est-ce que vous avez contre les aveugles ? Parce que vous, vous croyez vraiment où vous allez ? Première nouvelle ! Ce n’est pas parce que je passe du coq à l’âne, du myosotis à la mélancolie, des mais à n’en plus finir qu’il n’y aurait pas de chemin. Je tente de rendre la lumière au jour. Ca vous va ?
jeudi 1 mai 2008
LEZENNES MAIL SCORIES / 72
Oh excusez-moi de vous déranger, vous n’auriez pas vu dans votre blog ma copine ? Elle est partie. Ah, elle a dû prendre son pied ailleurs ? Eh bien excusez moi encore du dérangement. Mais si vous la revoyez, dites-lui que ce n’est pas très intelligent de sa part de partir sans prévenir, du coup, maintenant, je ne sais plus où donner de la tête ! Quel pataquès ! Et dire qu’il y en a de plus en plus qui galèrent dans les rues sans savoir où aller ! Tenez, là, votre blogueur par exemple, vous savez vraiment où il va avec ses scories. Mais de quoi je me mêle !
mercredi 30 avril 2008
LEZENNES MAIL SCORIES / 71
L’étonnant myosotis couvre le visage du jardin. Le vert laisse place pour un temps au bleu. Une sorte de soleil soudain vous éblouit. Vous ne vous doutez de rien. Un calme habite en vous. Une mer, / émue, / ouverte pour qui songe (Ungaretti).
mardi 29 avril 2008
LEZENNES MAIL SCORIES / 70
Loi Lagarde sur les prix, marché du gaz et de l'électricité, Livret A, allongement à 41 ans de la durée de cotisation vers la retraite, et de réforme en réforme... Le petit Capo n’arrête pas de ruer dans les brancards. Je me souviens d’une phrase de Victor Hugo dont l'esprit vif brillait de tous ses feux :"L'agonie a ses ruades, en langue politique cela s'appelle la réaction". Que la fête commence !
lundi 28 avril 2008
LEZENNES MAIL SCORIES / 69
Mai 68, raconté pas vécu… Pas d’enquête, pas le droit à la parole ! Mais ceux qui l’ont vécu sont-ils plus proches de la vérité ? Y a pas de vérités ! En retirent-ils des leçons ? Pas toujours, loin s’en faut. Ils y restent collés : comme si cette position était la meilleure qui soit quand l’ensemble de la société fête l’événement de son enterrement ! Alors pour pas que celui-ci en devienne un, ceux qui l’ont vécu tentent désespérément de le commémorer à leur manière, c’est-à-dire, d’être au plus près de ce qui s’est passé. Mais le fait de l’avoir sur le bout du nez, ils deviennent aveugles et rejoignent le cortège des spectacles en tout genre. Hier, je suis allé voir le film Oser lutter, oser vaincre de Jean-Pierre Thorn. Le réalisateur était présent dans la salle : tous les éléments pour une meilleure compréhension de l’événement étaient là, à portée de main. Malheureusement tout se figea. Le cinéaste se cantonnait au discours de l’époque. Quelques questions fusèrent dans la salle pour tenter de sortir de ce discours et l’ancrer dans un futur présent. Ce qui était mon cas. Rien n’y faisait. Le film, en lui-même, apportait beaucoup plus de réflexions que ce qu’en disait le cinéaste. Son propre discours était en deçà de son propre film. Il ne voyait que la violence policière, alors que la violence idéologique du PCF était tout aussi forte ( dans l’Humanité, une manchette attaquant la bande Geismar pour vilipender les sales maoistes, les fédés syndicales critiquant comme un chef de chantier, le doigt sur les mots d’ordre des OS…) Je voulais seulement dire que les rapports entre les patrons et leurs ouvriers étaient du même acabit que ceux qu'il y avait entre l’aristocratie ouvrière et les OS. Même mépris, même violence. Mais c’est en rajoutant le fait que mai 68 était moins une lutte pour la liberté qu’une volonté d’égalité entre hommes qui commençait à poindre dans ce mouvement ; que la hiérarchie en prenait un coup ; qu’il y avait aussi une tentative de casser les classes, les rapports entre ouvriers et cadres, de rapprochement entre ouvriers et étudiants. Une mouche vola. Puis, on me cingla que ce n’était pas ça le plus important, que le problème - à l’époque – était le rapport entre les intellectuels et les manuels. Oui et alors, qu’est-ce que j’en ai à foutre de ce charabia ! Mon discours, aux yeux de tous, était irrecevable. Dans toutes les têtes, il y avait ce monstre qui les triturait : chacun à sa place et les veaux seront bien gardés ! Putain, ça va être dur de se battre ! L’ennemi est non seulement dans le camp de ceux qui veulent nous faire taire, mais aussi dans ceux qu’on penserait qu’ils seraient de notre bord !
dimanche 27 avril 2008
LEZENNES MAIL SCORIES / 68
Mai 68. Mai 08. 40 ans déjà, qu’allons nous faire ? Eh bien, rien. Ca vaut mieux. Oui, mais… Il n’y a pas de mai. Il n’est pas question de se taire. Mais, il n’y aura pas de mai. La sarko band occupe tous les esprits. Tout le monde s’affaire dans le cadre de ses petites affaires. Ca, c’est de la grande politique ! Occuper les gens en en faisant de la petite. Small is beautiful. A fond la caisse. Et ça marche. Du spectacle, des commémos, des pas de travers, un peu de Chine, de la Carlette brunie. Les marionnettes s’affolent dans les cuisines du bio, s’essoufflent dans les poussettes écolos à la petite semaine, à la recherche d’une pureté bien verte. Pas de rouge s’il vous plaît ! Ca tache ! Et puis il n’y a pas que les vertes, il y a aussi les marionnettes soi disant communardes, celles qui s’infiltrent partout dans le vivier des hésitants, celles qui se moulent dans tout ce qui bouge, question récup, ça peut payer ! 68 est un bon filon. Les maos ont le droit de cité dans l’espace marx, les morts ça a du bon pour se taper une critique sociale du capitalisme !
samedi 26 avril 2008
LEZENNES MAIL SCORIES / 67
Bonjour, je m’appelle ancolie. Viens chez moi, je te montrerai mes jumelles. Le patron me déteste. J’ai d’après lui mauvaise presse. C’est l’ignorance qui le pousse à sortir de telles âneries. La patronne m’a plantée dans le coin le plus ensoleillé du jardin. L’endroit me plaît. Je suis à côté d’un genévrier. C’est l’ancêtre paraît-il. Il m’a raconté quand on lui avait fait son nid – c’était en mille neuf cent quatre-vingt douze – les maîtres du logis lui ont cassé une de ses branches principales, que la patronne s’est empressée de le garrotter, de lui colmater la blessure avec du mastic. C’était moins une. Quand je baisse ma corolle, j’ai à mes pieds une jolie plate-bande de fleurs bleues dont le nom m’échappe. Elles me l’ont dit, mais le soleil m’a fait remonter la tête et j’ai tout oublié. Le soleil c’est le pied d’après les humains. Il faut dire que c’est leur langage. Pour ma part, j’ai toute ma tête et je tiens à l’avoir tout le temps de ma courte vie. De l’amour, de la protection et du soleil, que demande le peuple ! Excusez ma tournure de langage, les humains nous en ont fait voir de toutes les couleurs. Alors mes jumelles, qu’est-ce que vous en dites ? Quelle prestance, non ?… Eh la meuff, moi c’est aubriette, celle que tu appelles fleur bleue ! Faut sortir le dimanche !
vendredi 25 avril 2008
LEZENNES MAIL SCORIES / 66
La lumière nous joue des tours : ainsi les fresques faites, dans une allée, par les enfants de la ville ; elle les recompose, à sa manière : hier, les enfants jouaient dans le jardin, aujourd’hui la scène est tout autre : prisonniers, engrillagés, forcés de crier à l’aide, ils n’aperçoivent même plus, auprès d’eux, le lapin courant et sautant d’herbes en herbes. L’ombre ne les délivre pas. Elle enferme, elle fait peur. Allez savoir pourquoi des décennies plus tard la peur nous cloue sur place sans trop bien comprendre comment elle est apparue sous les taies de l’enfance. … Bouh ! Et ça marche !
jeudi 24 avril 2008
LEZENNES MAIL SCORIES / 65
Paris, le premier février deux mille huit, tôt le matin, avant que ne s’ouvre l’exposition à la Maison de Victor Hugo « L’esprit de la lettre » ; bien avant que je ne reçoive un coup de fil à l’improviste de mon amie Caro m’annonçant la mort d’un de ses collègues – écœurée que des collègues, plus proches de lui, hésitent même d’aller à son enterrement : vous comprenez, je suis en congé ce jour-là !!!… je m’étonnais de la netteté des traces de pas laissées sous les arcades de la Place des Vosges : seules traces éphémères de passages - de ceux qui le matin courent vers le travail – et qui, en quelques heures, disparaîtront définitivement. Traces prémonitoires ? Je vous trouve bien gai, me dit-elle. En effet, la pluie m’est bénéfique. Je la préfère au vent, au brouillard, au froid. Et ce qui me plaît encore davantage, c’est son bruit et tous les sons environnants : telle, par exemple, votre voix où je perçois une certaine tristesse et une envie, forte, de vous promener avec moi dans les rues de Paris. Attention au rebord de trottoir ! Fuf…, même pas mal !











