Lezennes Mail

Blog de dominique delhaye : textes d'humeur, poésie, politiquement contre, humour, coups de gueule, littérature, critique, photos, dessins, art

vendredi 19 juin 2009

LEZENNES MAIL C. Dityvon ou l’espoir réhabilité. 12

snap12

9 juillet 1996. Lezennes. 17h30.

... Ça a commencé hier. Baisse de tension. Trop forte pression. J'ai explosé pour un rien. Chaque fois que je ne maîtrise pas quelque chose, que je n'arrive pas à surmonter, je chute. Mes muscles se contractent. Et plus moyen de m'en sortir. Prémisses de dépression...

...J'essaie tant bien que mal de m'accrocher. Je ne veux plus couler. En Dityvon, j'ai trouvé une "lumière" qui me conduit vers une reconsidération de mon point de vue sur la ville. Je l'ai trop vue en "noir ". Sans jeu de mots, je dirais que Dityvon la voit en Noir et Blanc. J'ai longtemps cru que la ville n'était que COULEUR. Et son agressivité m'a précipité à la voir "dramatiquement". Même si ce drame se joue tous les jours en noir. En fait, je n'ai relevé de la ville que son côté dramatique. Dityvon me montre qu'elle est cela, aussi ; mais qu'elle est bien autre chose encore. Quelque chose même qui la transcende. Un effort surprenant d'ELEVATION. Il la fait sortir de sa gangue étouffante. Bref, il la libère, si je peux dire. Et les hommes - il en trouve - sont prêts, fragilement, à la contempler.

Place de la Concorde, Paris, 1985.

Ici, la ville n'est plus qu'une galette où s'érige bien sûr la Tour Eiffel - qui devient cheminée ou clocher d'église baroque par l'effet de la prise de vue à une certaine heure de la journée. La ville est noire, éteinte, "cendreusement" noire. Et là se recueille un homme avec à son extrême droite des statues de femmes "priantes", et trois lampadaires ETEINTS. Tout est douceur, calme, recueil. Seuls dans le ciel guerroient des nuages. Ici, se joue le plaisir de regarder le monde turbulent des cieux. Dans cette photo semble s'inscrire le petit poème en prose de Baudelaire : "L'étranger". "Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis? Ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère... - J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas...là-bas, les merveilleux nuages".

On ne regarde jamais assez ce qui n'est pas soi. La photo de Dityvon est, en ce sens, non humaniste. Je m'explique. Celle-ci ne considère pas l'homme comme unique point d'intérêt. Toute la photo ne se focalise pas sur l'homme. Elle est plus que cela. L'humanisme de Dityvon dépasse ce cadre-là. Il aime l'homme ET ce qui n'est pas lui ; il aime les êtres ET ce qui les dépasse. L'homme n'est pas le centre de l'univers. Il en est une parcelle. Il a certes son importance, mais pas toute son importance. Il faut savoir apprendre que l'homme est une infime partie de l'univers. Un point. Une étoile parmi les étoiles de la nuit. Et là, IL N'EST PLUS SEUL.

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