mercredi 2 janvier 2008
LEZENNES MAIL Quoi de Huit [31]
2.12. Alors, y a-t-il quelqu’un au bout du fil ? Répondez-moi s’il vous plaît. Je n’ai plus de batterie. D’ici là qu’on me coupe l’électricité, il n’y a pas loin !
mardi 1 janvier 2008
LEZENNES MAIL Quoi de Huit [30]
2.11. Bon. Sachant que certains d’entre nous estiment qu’il n’y a pas lutte de classe les jours fériés, le samedi et le dimanche, et les vacances scolaires, ou bien je m’appelle Jean-Baptiste qui prêche dans le désert ou Don Quichotte en proie avec ses moulins à vent ; ou bien je ne me rends pas compte que le navire altermondialiste s’enfonce en pleine mer défaite : et c’est peut-être la raison pour laquelle les marins se sont faits la malle et que seuls les rats restent dans la soute ; ou bien, ce qui me semble sûr et certain, c’est que le temps est au beau fixe pour le talon de fer, que les caméras vont pulluler nos existences et que si l’on ne fait rien nous assisterons à la grande élimination de toute contestation à long terme : 1933 est proche.
lundi 31 décembre 2007
LEZENNES MAIL Quoi de Huit [29]
2.10. Oui comment faire ? Ce n’est pas quand le vent est de force huit qu’on engrange les moissons ! Cela demande donc une autre pratique de la vie. Je suggère qu’on dépose nos armes, nos pratiques militantes d’antan qui nous gênent aux entournures, quoiqu’on en dise, qui nous empêchent vraiment d’aller de l’avant. Avant toute chose – même si le talon de fer s’élance dans sa course effrénée de laisser au pays de l’ombre un champ de ruines – se rassembler et être chacun dans une écoute flottante, c’est-à-dire se vider la tête pour accélérer l’écoute des laissés pour compte, des incompris, des immatures, des sans importance. Pas cette écoute religieuse style brebis égarées à faire entrer à tout prix dans la bergerie. Non. Dévisser les empêchements, déclouter les échafaudages inutiles. Créer des situations provisoires, une clairière où l’immature, l’incompris, l’exilé pourraient se régénérer afin qu’ensemble nous pourrions être les nouveaux acteurs de situations nouvelles que nous aurons nous-mêmes décidées.
dimanche 30 décembre 2007
LEZENNES MAIL culture, point com…[28]
2.9. Une nouvelle pratique de la vie ? Oui mais comment lutter contre le vertical, la hiérarchie, le salariat, le talon de fer et ses multiples chiens de garde ? Quand on sait que leurs opposants soi-disant de gauche appliquent les mêmes procédures et ne remettent aucunement en cause, théoriquement et pratiquement, les bases même du système : ils prétendent même en être les meilleurs gestionnaires, ils ne comprennent pas pourquoi ils ne pourraient pas participer à leurs parts de gâteaux. Eh bien leur désir de pouvoir a été exaucé et ne s’est pas fait attendre, le talon de fer leur a offert des « nonoss’ » pour calmer leur appétit. Et c’est ainsi que les éléphants se sont rués, laissant leurs admirateurs dans leurs cages à fiente. Belle aubaine, me direz-vous, pour le pays de l’ombre ! De nouveaux exilés vont venir grossir les rangs des tribus en mal d’unité ! Cadeau, pas cadeau ? Tout dépend comment le pays de l’ombre les accueillera. Je ne suis pas sûr dans l’état de délabrement théorique et pratique des tribus si la pratique du frottement des pierres les amènerait à un feu de chaleur et de joie entre eux. A la hiérarchie des nouveaux exilés qui est encore toute chaude, à leur désir ardent de s’engouffrer dans une nouvelle famille, parce que leurs pères les a abandonnés à leur triste sort, le pays de l’ombre saura-t-il faire face, saura-t-il les accompagner dans une recherche d’une pratique militante à l’horizontale, d’une démocratie directe ? Comment faire ?
vendredi 28 décembre 2007
LEZENNES MAIL Quoi de Huit [26]
2.7. Au pays de l’ombre, il semble donc que le terrain soit miné. A chaque pas posé, une bombe anti-personnel nous saute en pleine figure. Si c’est bien le cas, il suffit donc de déminer. Oui mais quoi ? Eh bien, tout ce qui peut porter entrave à une non remise en cause du dire et du faire. Pour cela, il importe de se parcourir et de parcourir ensemble, de rassembler le pays de l’ombre. On ne parcourt pas ensemble si l’on ne se parcourt pas, pas de rassemblement sans une remise en cause de soi. Pour cela, il nous faut une autre optique, une autre façon de voir. « La vraie poésie se fait contre la poésie, contre la poésie de l’époque précédente, non par haine sans doute, quoiqu’elle prenne naïvement parfois l’apparence, mais appelée qu’elle est à montrer sa double tendance, qui est premièrement d’apporter le feu, le nouvel élan, la prise de conscience nouvelle de l’époque, deuxièmement, de libérer l’homme d’une atmosphère vieille, usée, devenue mauvaise ». Bref, sortir de la cage d’acier des représentations dominantes médiatisées et déborder l’espace public par un élargissement de celui-ci en prenant en compte l’immature, le sans importance, le non définitif et ce afin de réduire à néant l’omniprésence des pensées toutes faites du talon de fer et de celles qui traînent toujours immanquablement au pays de l’ombre.
jeudi 27 décembre 2007
LEZENNES MAIL Quoi de Huit 25]
2.6. Mais voilà, même s’il existe une pellicule humaine qui ne désire pas faire partie de ce cirque, de cette désinformation systématique - ce n’est pas parce que je mange du lard que je suis cochon – la plupart des humains – vu les agressions qu’ils ne cessent de subir – malheureusement oublient qu’ils appartiennent au pays de l’ombre. Ils préfèrent donner procuration à ceux qui leur rabattent le caquet. Entre ce qu’ils pensent et ce qu’ils vivent la séparation ne cesse de s’agrandir : rarement opèrent-t-ils une razzia sur les idées fausses. Ils ne se sentent jamais capables de s’en affranchir. Quelles que soient les idées qu’on leur avance – malheureusement celles-ci leur passent souvent par-dessus la tête tout simplement parce qu’ils ne veulent en aucun cas mettre au diapason ce qu’ils disent avec ce qu’ils vivent réellement, signe d’une volonté farouche de bien séparer les termes : si jamais cela devait arriver ce serait accepter le fait qu’ils font fausse route et là pas question d’abdiquer devant le premier venu : jamais il ne me viendrait à l’idée de dire à ma femme que je couche avec une autre ; par contre quand ils portent leur regard sur l’autre, sur les autres en général, ils ne sont pas dupes des tours de passe-passe de ceux qui prétendent être leurs représentants mais n’agissent pas moins contre – ainsi quelles que soient les idées qu’on pourrait leur avancer pour remédier à résoudre ce fossé entre ce qu’ils disent et ce qu’ils font réellement, la plupart - malgré tout -, au nom d’une plus grande liberté paraît-il, préfèrent malheureusement se rabattre sur ceux qui leur promettent monts et merveilles : le spectacle est garanti, ils se préservent, ils évitent en cela une remise en cause d’eux-mêmes. Sauf qu’en sortant du spectacle, ils se trouvent plus job que job. Mais qu’importe le spectacle eut lieu : on a bien le droit de s’amuser et de penser à autre chose , non ?
mercredi 26 décembre 2007
LEZENNES MAIL Quoi de Huit [24]
2.5. Pour l’ensemble de la planète, il est plus qu’évident qu’il n’existe qu’un seul monde : celui du talon de fer. Seul ce monde est clairement visible, même s’il semble taché par endroits. Pour lui il n’en existe pas d’autre. Doté d’une forte colonne vertébrale, il nous apparaît comme excessivement viril. Sa part de féminité ne se trouve que dans son acte de reproduction. Et ce ne sont pas quelques femmes qui se trouvent à sa tête que nous pourrions les honorer d’être à elles seules la moitié du ciel. Il ne faut pas nous prendre plus bêtes que l’on est : un éléphant, comme on dit, ça trompe énormément. Cette virilité se dresse à tous les coins de rue du spectacle, applaudie sur tous les podiums médiatiques : les stars se dandinent, la mode fait maigrir à vue d’œil, les politiciens se traitent de tous les noms, les chanteurs se prennent pour des humanitaires, Andy Wharol fait fureur, la pornographie se rase le pubis, et j’en passe et des meilleurs ! Tel est le règne de tous les obélisques ! En vérité il nous manque des Gustave Courbet pour abattre toutes ces prétentions, ces cultures de dressage et d’enfermement.
mardi 25 décembre 2007
LEZENNES MAIL Quoi de Huit [23]
2.4. Qui sommes-nous ? Moins des personnes à la recherche d’une identité curriculum vitae calibrée selon les règles d’embauche du talon de fer qu’une volonté de ne pas nous définir. Se définir c’est lamentablement se diminuer, se couper, se tronquer, se déterminer comme définitif. Ne pas se définir fait la force du pays de l’ombre. S’il faut nous définir ce n’est uniquement qu’en partant de notre propre insuffisance. De cette insuffisance même nous tirerons une force que seuls nous pourrons galvaniser, et une destinée dont seuls nous serons les maîtres. Peut-être sommes-nous des êtres immatures, des bricoleurs face aux ingénieurs, des amateurs face aux professionnels. Non pas des êtres infantiles, fuyants, inutiles. Non. Nous sommes de ceux qui élèvent à la première place l’immature, le moins bon, l’inférieur, le sans importance. Ce que nous voulons c’est élargir notre conscience hors de ses limites, sans nous cantonner dans ce qu’on sait, dans la suffisance de soi. C’est surtout donner un nom à la forme de l’homme qui fraternise avec l’insuffisance et forcer le plus grand nombre à l’honorer. C’est arrêter de croire à tout ce qu’on nous dit, de nous agripper à la certitude, à la foi aveugle et immuable envers la grande fausse culture du talon de fer. Notre but est donc de couler, comme on coule des navires en pleine mer, la maturité, le définitif. Bref lutter contre la maintenance de l’homme dans la sphère moyenne de son existence.
lundi 24 décembre 2007
LEZENNES MAIL Quoi de Huit [22]
2.3. Au pays de l’ombre, les pluies sont acides. Il nous tombe des fax, des lettres, des mails, des ordres, des intimidations, des remontrances, du mépris stipulant clairement - avec ou sans doigté - que nos écrits, nos projets qu’ils soient politiques, théâtraux, picturaux, littéraires, écologiques, altermondialistes ne correspondent pas à l’axe prédéterminé, attendu, rabattu du talon de fer. La question est : s’y plier ou ne pas s’y plier. Les avalanches du « nous sommes malheureusement dans le regret de » ou « votre écrit ne rentre pas dans la politique éditoriale de notre maison » nous forcent à croire que nous ne serons jamais à la hauteur de leurs exigences, nous forcent avec moult conseils, ouatés de bienveillance et de charmes trompeurs, à quitter toutes routes existantes et rester là comme des chiens de faïence à devoir essuyer les gravats de leur incompétence. Est-ce si déraisonnable que de devoir l’affirmer comme tel ? Si déraisonnable de ne pas s’y plier ? Aucunement. Mieux vaut aboyer, il n’est pas sûr que les prochaines caravanes passeront !
dimanche 23 décembre 2007
LEZENNES MAIL Quoi de Huit [21]
2.2. Tout d’abord, pas question d’hurler vers le ciel vide et bas, comme un chien mouillé. Il suffit de savoir – je le reconnais, ce n’est pas évident – ce qu’on ne veut pas. A mon avis, le reste viendra de lui-même. Le paysage de l’homme peut être considéré comme une terre d’exil. Au sens grec du terme : être hors de. Le pays de l’ombre est celui-là même : exclus du système, de la communauté, de toute possibilité de se faire entendre. Malgré la terreur qui le bâillonne (n’oublions pas les zones concentriques du talon de fer, elles permettent de jauger ses multiples intensités – des plus faibles aux plus fortes - ; malgré le vide qui l’épuise (malgré tout ! ) le pays de l’ombre ne cesse d’exister. Sa sauvegarde, il ne la doit qu’à sa propre exigence. Il n’attend de lui-même rien d’autre que l’étincelle de rébellion susceptible de libérer sa propre réalité : non plus être aux basques de ce monde de fer et de feu, mais tenter de vivre hors de l’un et de l’autre ou plutôt entre l’un et l’autre avec la ferme intention de ne pas se laisser dicter par ceux qui ne cessent de crier au loup alors qu’ils n’ont jamais cessé d’être des loups pour l’homme. Notre place n’est pas parmi eux. Considérons-nous face à eux comme des étrangers ( ce langage-là est clair et met les points sur les i ) comme des êtres lucides qu’on n’apprivoise pas « Nous devons être la corde à sauter des enfants qu’il faut d’abord lancer devant nous pour pouvoir sauter au-delà ».











