mercredi 28 novembre 2007
LEZENNES MAIL story 204
Une chose avant que je ne m’en aille décortiquer d’autres territoires ces short stories existent uniquement pour ne point oublier ou effacer d’où je viens tout se souvenir ne sert à rien j’ai placé quelques bornes relaté quelques faits juste pour éviter de m’enfoncer dans l’introspection maladive de soi juste de quoi me situer dans le temps dans les lieux parcourus avec ou sans regret afin d’avancer sans trop me piéger juste une perception à consolider non pas voir le monde uniquement à partir de soi comme une adresse postale nom numéro rue ville pays mais partir du plus grand cercle que je connaisse pour atteindre petit à petit une nouvelle lecture de soi en sachant si possible être à l’écoute de ce qui m’est impensable lier ciel et racines autres et soi et non pas s’oublier pour de grandes causes cela cache toujours quelque chose ou fermer les fenêtres des autres pour un plus grand parking de soi en fait juste de quoi m’avancer sans oublier les deux termes de la contradiction le monde et soi
FIN
mardi 27 novembre 2007
LEZENNES MAIL story 203
Je soussigné dominique delhaye chef d’équipe 3.1 payé 2.3 négrier incontrôlable gauchiste cégétiste pour certains serpico colombo highlander chef vénéré ou mon bon chef râleur et grande-gueule pour d’autres vous invite toutes et tous ami(e)s proches ou lointain(e)s collègues et autres à son bûcher de départ en retraite le mardi 27 novembre 2007 à la salle du marché couvert st joseph rue raymond derain de l’autre côté du canal à marcq en baroeul à partir de 12h00 entrée gratuite n’oubliez pas vos allumettes sortie assurée des cendres plein les chaussettes
lundi 26 novembre 2007
LEZENNES MAIL story 202
La semaine quand c’était possible je me réfugiais près des bosquets du septentrion à marcq années quatre-vingt en pleine fièvre d’écriture je m’allongeais sur l’herbe et lisais casse-pipe de céline écriture nerveuse l’impression de lire du morse tatata ti ti ti tatata une écriture de la gifle du réveil de celui à qui on ne l’a fait pas qui ne se casse pas qui reste debout pas de la musique que j’entendais que nenni une écriture au bruit de mitraillettes qui vous transcrit en net en dur l’ordre insupportable de ceux qui vous dirigent rien à voir avec l’ordre fielleux actuel on vous le softe à grandes doses on vous le pétrit aux petits oignons pour que le message passe en douceur de l’assassinat invisible tu te rebiffes et te voilà affublé de la casquette de paranoïaque et ça sans bruit sans ponctuation de la crème à pénétration idéologique avec céline c’était clair on savait qui était qui et qui faisait quoi de nos jours c’est plus discret plus meurtrier les victimes ne sont pas ceux qu’on croit mais ceux qui se planquent derrière les mots officiers criminels adjudants de la tétère diplômés hautes écoles harvard yale comics troupiers des grandes invasions démocratiquement vôtres endoctrinés de bonnes intentions - Brigadier ! C’est l’engagé ! – Qu’il entre ce con-là !
dimanche 25 novembre 2007
LEZENNES MAIL story 201
Lourdeur des signes masquage de toute réalité impérialisme du sport du spectacle formatage du trouble visuel qui ne s’y confronte pas tous les jours qui ne s’y complaît pas et qui s’obstine à lutter contre les derniers mots ne sont jamais les nôtres le pouvoir ne cesse de ratisser de faire la sourde oreille ce n’est pas qu’ils ne comprennent pas ils n’entendent que d’une oreille les leurs le pouvoir l’argent et si possible celui des autres des retraites de la santé toujours trop cher pour eux mais eux jamais assez riches je te mens je te l’affirme je t’embrouille votez pour moi vous verrez le ciel sera serein et tous les jours le même cinéma les mêmes troubles ce n’est pas encore assez clair je vous fais la promesse de votez pour moi sérénades pipeaux et tout le monde de les croire jamais il ne leur viendrait l’idée de poser le problème sur la table trop dangereux il leur manque l’estrade pour dominer jamais nos grands intellectuels médiatiques ne s’insurgent contre le mensonge la guerre bien trop peur de dire la vérité l’écran suffit entre journaliste première classe et moi il n’y a pas de danger nous pensons kif-kif et la boucle tourne tourne tourne et ça marche et ça coule
samedi 24 novembre 2007
LEZENNES MAIL story 200
Comme si pour être ou se faire connaître il fallait se tordre en huit et de surplus être doté d’une logistique et d’une esthétique des plus surprenantes c’est ce que je remarque de plus en plus depuis une vingtaine d’années certains artistes avancent masqués comme s’ils avaient peur non pas de qu’ils avaient à dire mais du sort qu’on pouvait leur réserver comme s’ils avaient peur qu’on allait les émasculer ils n’avaient pas tort c’est ce qui s’est passé et c’est ce qui se passe encore peur qu’on les insère dans le bien et le mal peur du tout spectacle rien n’est simple les mots les images sont pulvérisés dans un univers culturel où règnent surproduction et confusion même les caves de l’underground sont désertées vidées autour de nous se déchaînent des procureurs aux dents longues affamés de convocations de prototypes en tous genres et devant nous s’affale un public de consommateurs d’une telle apathie qu’ils font le lit des artistes indubitablement imposteurs en ces jours si noirs glisse sur le monde un overground les signes arrivent immédiatement sur tous les écrans sans passer par les strates souterraines où ils stationnaient jadis, à l’usage d’une communauté restreinte plus personne ne défriche les couches multicolores de l’underground et ne fait entendre leurs voix leurs pulsations leurs errements sahel culturel où règnent sauvagement vents et bourrasques de l’inconscience et du vide sans fin
vendredi 23 novembre 2007
LEZENNES MAIL story 199
Autre visage de mes pérégrinations pédestres piétiné par la pluie et toujours souriant un peu comme en suède quand de jeunes femmes nous interpellaient sur la route ou en irlande avec leur hello accompagné d’un signe de tête en forme de virgule c’était en soixante-neuf et soixante-dix l’époque où les barrières de la langue n’étaient pas encore de plomb il n’y avait aucun sous-entendu invités nous n’étions pas les rois la joie circulait toutes voiles dehors à collias la nudité prenait ses droits nous nagions dans le gard comme des poissons inconnus sans pièces d’identité égaux et normaux la traque des sexes n’eut pas encore lieu limpidité des regards beauté des corps se lovant à l’ombre des arbres pleureurs l’égalité se voulait horizontale plus tard elle s’abaissera dans la verticalité des ordres des prudences des remontrances le bleu se cassa les cols maos se dressèrent les cheveux se coupèrent la boue étouffe seul ce visage aux auréoles bleutées revient de loin rappel pour ne point voir la réalité actuelle plus noire qu’elle ne l’est
jeudi 22 novembre 2007
LEZENNES MAIL story 198
La nature imite l’art vinci l’a déjà repérée il suffit d’un seul crachat et te voilà moderne mais vous allez me dire que j’ai tout fait pour que le papier jaune ressemble à une tête picassienne pas du tout pas du tout je ne suis pas artisse je suis passé par là j’ai vu j’ai pas cherché midi à quatorze heures j’ai cliqué et hop dans la petite boîte bon ok vous avez vu mais pourquoi n’avez vous pas photographié le hors-champ peut-être que nous n’auriez rien vu de tout cela oui bien sûr je reconnais que cette chose jaune m’a percuté mais je n’ai rien inventé cette chose vous l’avez choisie donc elle n’est plus naturelle mais si mon pauvre naze ce n’est pas parce que je l’ai photographiée qu’elle n’existerait pas toute seule dans son coin de boue ce n’est pas parce que j’ai ramassé une patate dans un champ que les patates ça n’existe pas bon écoutez je crois qu’on ne va pas pouvoir se comprendre vous n’arrivez pas élever le niveau de notre conversation moi je vous parle en tant qu’intellectuel de la culture et vous vous ramenez tout à un sac de pommes de terre je ne vous ai pas parlé de sac mais de patates mais comme vous n’avez pas l’air de comprendre et qu’il vous faut tout généraliser je vous salue d’un bon voyage eh papate du regretté fernand raynaud
mercredi 21 novembre 2007
LEZENNES MAIL story 197
Le bois les mains les machines la menuiserie de mon grand-père où nous jouions dans les copeaux les sciures fraîches où nous fabriquions avec des chutes de lattes des arcs et des flèches où nous escaladions les poutres pour nous réfugier dans le pigeonnier laissé à l’abandon depuis la seconde guerre mondiale la leur celle qu’ils taisaient sur laquelle il n’était pas question de poser des questions et puis et puis nous jouions aussi dans ce qui restait de jardin quelques maigres arbres et surtout la touffe des lys où nous cherchions des escargots pour les saupoudrer de sel je ne sais pourquoi l’on nous avait appris à pratiquer de telles méchancetés il y a des animaux utiles et il y a des animaux nuisibles tout comme il y eut un soir et il y eut un matin tout comme il y a eu la guerre puis la paix tout comme nos jeux innocents et guerriers et nos cadavres d’escargots dans l’herbe verte de nos paradis
mardi 20 novembre 2007
LEZENNES MAIL story 196
Ca se voit pas c’est tout petit pas de danger c’est trop loin vautour pas du tout c’est ça croyez surtout ce qu’on vous dit quand ma grand-mère regardait les infos à la télé elle disait bonjour au présentateur comme si c’était vrai et ça marche et ça marche encore avec la globalisation faut pas croire que le talon de fer soit rassasié il veut tout réduire l’emploi comprimer les salaires augmenter les cadences et délocaliser même ma tourterelle vous ne ferez pas ça à ma tourterelle hein monsieur croyez-moi madame le temps est aux vautours aux private equities c’est quoi st’e bête-là qu’elle lui demande ma grand-mère des fonds d’investissements pour te manger toute crue mère-grand laissez-moi réfléchir cinq minutes j’ai pas toute ma tête si vous saviez ce que je perds tous les jours ne vous en faites pas je vous explique c’est tout simple pour acquérir une société qui vaut 100 poules le fonds met 30 poules de sa poche et emprunte 70 poules aux banques-pool c’est quoi encore st’e bête-là je répète pour acquérir une société qui vaut 100 poules le fonds met 30 poules de sa poche et emprunte 70 poules aux banques-pool en profitant des taux d’intérêt très faibles du moment. Pendant trois ou quatre ans il va réorganiser la basse-cour avec le management en place, rationaliser les œufs la chair les plumes les foies, développer des activités des canards des oies des pintades et capter tout ou partie des profits pour payer les intérêts… de sa propre dette en poule. A la suite de quoi, il revendra la société 200 poules, souvent à un autre fonds qui fera la même chose. Une fois remboursées les 70 poules empruntées, il lui restera 130 poules en poche, pour une mise initiale de 30 poules, soit plus de 300% de taux de retour sur investissement en quatre ans alors mémé qu’est-ce que t’en penses j’in pinche ren tant que ch’est pas meune tourterelle qui pass’ al’ casserole j’min fous
lundi 19 novembre 2007
LEZENNES MAIL story 195
Arrière-garde attention prêt partez vous êtes mal barrés vos visions sont d’un autre temps et alors qu’est-ce qui vous gêne un bon moyen-âge ça remet en place nos bonnes valeurs morales fini le temps des révolutions retour manu militari direction complies angelus et vêpres à gogo du serf en voici en voilà tu choisis un roi des princes des sujets ou un empereur des lieutenants des grognards point barre la démocratie basta à la poubelle vive le foot à bas le foutre morale morale ne vois-tu rien venir écoutez le grand soljenitsyne venu en grande pompe en vendée son discours élogieux du grand retour à la religion du grand rejet de toutes révolutions et il sait de quoi il pavillonne le cancéreux bon à part ça la photo est bonne on peut s’en aller les papys sont contents allez allez-y crachez votre pastille et surtout pas n’importe où le grenelle des gredins a tout prévu fais comme je dis pas comme je fais











