mercredi 7 mars 2007
LEZENNES MAIL WOR[L]D 165
Au bout des tiges
Il y avait
Des notes inouïes
Il y avait
Des mots vertiges
Il y avait
De l’action à craquer
L’os des vertèbres d’antan
Il y avait
Des intervalles
De l’ininterrompu
De l’audace
Mais
Face à l’incompréhension
Qui n’hésite pas à
Mais
Face à l’imbécillité du temps
Qui veut que
Au bout de leurs tiges
Il n’y eut plus
Que champs de ruine
Des monceaux d’entuziasm
Coupés en morceaux
Des miettes
Des sciures
Des bras coupés
Sur des tables opératoires
Que plus personne
N’oserait réveiller
Un gâchis
Pas sûr
Des demi-échecs
Sans plus
A nous
A vous
De construire
De nouvelles lucarnes
De nouvelles forces électriques
Et qu’importe
Qu’elles ne soient pas
Dans le registre
Des monuments
Qui se mettent à hurler
De la décence
De la morale
Pas
De consensus
De feux d’artifice
De cure-dents esthétiques
Non
Du débordement
Rien
Que
De l’entuziasm
Et après
Après
On verra
D’abord
Sortir
Des plates-bandes
De la mort toréador
De l'oeil mourant du taureau
Puis
Se relever
Les mots dans les yeux
FIN
mardi 6 mars 2007
LEZENNES MAIL WOR[L]D 164
Encore une fois
J’insiste
Je persiste à dire
Depuis bien avant
Lezennes Mail Notes
Jusqu’à aujourd’hui
Et même
Malheureusement
A l’avenir
Que
Je n’ai jamais cessé
D’allumer des feux
Dans le désert
Que
J’ai bien cru
Que
Les démons de l’invisible
M’avaient démonté la tétère
J’insiste
Je persiste à dire
Qu’il y a lieu
De continuer
Même minoritaires
Même solitaires
A mordre la grisaille de l’époque
Et que
Si notre monde
Manque de lèvres pour sourire
J'insiste
Je persiste à dire
Que toutes mes constructions
Mes murs d’ombres
Mes bavardages
Se sont entremêlés
Sans coq à l’âne
J'insiste
Je persiste à dire
Comme Dziga Vertov
A l’étape de mes connaissances cinématographiques,
je ne monte plus un film
par parties,
intertitres ou épisodes.
Je monte tout le film
d'un coup,
c'est-à-dire que je fais entrer d'un coup
en interaction
tous les morceaux
dont je dispose.
Toutes les images
se trouvent en état
de translation continue
jusqu'à la fin du processus
de montage
qui constitue en soi
une répétition
extrêmement abrégée
de tous les stades antérieurs,
de toute l'histoire de ce processus,
depuis la construction primitive
du vieux Pathé-Journal
jusqu'aux constructions
très complexes des montages
d'aujourd'hui.
lundi 5 mars 2007
LEZENNES MAIL WOR[L]D 163
Reprendre ainsi le radicalisme implique naturellement aussi un approfondissement considérable de toutes les anciennes tentatives libératrices. L'expérience de leur inachèvement dans l'isolement, ou de leur retournement en mystification globale, conduit à mieux comprendre la cohérence du monde à transformer - et, à partir de la cohérence retrouvée, on peut sauver beaucoup de recherches partielles continuées dans le passé récent, qui accèdent de la sorte à leur vérité, l’appréhension de cette cohérence réversible du monde, tel qu'il est et tel qu'il est possible, dévoile le caractère fallacieux des demi-mesures, et le fait qu'il y a essentiellement demi-mesure chaque fois que le modèle de fonctionnement de la société dominante - avec ses catégories de hiérarchisation et de spécialisation, corollairement ses habitudes ou ses goûts - se reconstitue à l'intérieur des forces de la négation.
Les Situationnistes et les nouvelles formes d’action dans la politique ou l’art. Guy Debord. Juin 1963.
dimanche 4 mars 2007
LEZENNES MAIL WOR[L]D 162
A force
De nous claquer
Toutes
Les portes au nez
De nous pousser
Dans des voies sans issue
Incroyablement inusables
A force
A force
De nous calfeutrer dans de l’impossible
De nous rabâcher
A longueur de journées
De pubs
De discours de sentimentales ladies
De coups de poings de choc-soupe
De douches écossaises
Eh bien
Malgré tout
Je suis sûr d’une chose
Je ne serai pas le seul
A tenter
D’ouvrir les yeux de nos périscopes
A griffonner les murs
De l’acide entuziasm
Juste
Pour voir
Juste
Pour
Ne pas s’endormir
Tâter de la gâchette
Jusqu’à la crampe
On a peut-être
Des nuits dans la tête
A rattraper
Des blessures
Qui ne refermeront jamais
Malgré tout
Malgré tout ce chaos
Je ne serai pas
Le seul
A vouloir
Construire
Hors des ombres du passé
Des aqueducs
A se mordre les lèvres
samedi 3 mars 2007
LEZENNES MAIL WOR[L]D 161
Prêt à partir
Le téléphone sonne
Voix suave
Bonsoir
Voici un message de
Je t’en foutrais
Moi
De la Redoute
Du phoning intempestif
Prêt à prendre l’avion
Des mots
Et cette voix suave
Qui me déglingue
D’office
Je me rebiffe
Je raccroche le combiné
Charlie Chap
Se marre
Sous la tôle de l’empire
Moi
Du coup
Je me reprends
J’avale un schnaps
D’entuziasm
Et je la rappelle
Bonsoir madame
Elle me jacte
C’est pourquoi
Je raccroche le combiné
Putain de modernité
Une heure plus tard
Re-coup de téléphone
Un sandwich dans la gueule
Je décroche
Petite musique mozartienne
Bonsoir
Voici un message de
Ça suffit
Un schnaps que je lui dis
La môme suave
Me sort
Du tac au tac
Un p’tit dernier pour la route
Et Charlie Chap
Se marre
Sous la tôle du pire
Qui s’annonce
Pas piqué du hanneton
vendredi 2 mars 2007
LEZENNES MAIL WOR[L]D 160
Sous le speed kills
Du Ten Years After
Tapi au fond de mes ateliers
Avec Charlie Chap
Je regarde le train les treuilles
Les chaînes les ports
Les rues
Hello mister Houzeau
Tu pâtes tu triques
Tu blogues
Du littré sans rature
Ecoute my kid
le speed kills
Du ten years à st’heure
Arvet’ un coup
La petite fumée du lezennesmail
Sur les rails
J’t’oublie pas
Mister Blueseau
Je te lis
Dans mes blogs de la zone
Je te tape tape
De la loco
Cinq petites choses
Peu connues de moi
Station première
Je ne supporte pas les portables.
Je viens de m’en acheter un
Parce que l’ancien
s’est éteint
Deux ans
Jour pour jour
Et
Parce que les autres veulent m’appeler
A part ça
Je ne téléphone jamais
Deuxième station
Je ne suis pas très manuel
A part plâtrer
Troisième station
J’aime par-dessus tout
Les herbes sauvages
Le coquelicot des champs
Par exemple
Pas trop
Celui des fabriques de semences
Trop obèse et jamais assez
Rouge pour moi
Quatrième et avant-dernière station
J’aime les fenêtres
Celles de la Renaissance
de Madame Bovary
sa couleur jaune
de Maïakovski
les fenêtres Rosta
et celles de Motherwell
Cinquième station tout le monde descend
Je joue de la guitare
Mais on me l’a volée
La veille de la grande braderie de Lille
Ya dzannées
Depuis je ne joue plus
jeudi 1 mars 2007
LEZENNES MAIL WOR[L]D 159
Football
Politique
S’agiter
Pour rien
Rien que
Du défoulement
Uniquement
Dans les pieds
Ça ne va jamais plus loin
Aucune construction
De situations
Nouvelles
Radicales
Rien que
Du subir
De l'albatros
Des années suivies
De zéros interminables
Changer de fusil d’épaule
Pas de planètes lointaines
Des voix humaines
En marche
Le jour
Dans les yeux
Avec des collines de couleurs
Balayant les multiples pouvoirs
Qui n’ont cessé de proliférer
Depuis trop de lustres
Dans les dortoirs de la militance
Des voix humaines
En partance
En marche avec
Le jour
Le jouir
L’amour
Le mourir
Rayer le granit du temps
Plus d’âmes sous la terreur
A vous
A nous
Plus de corniches
A surplomber
Le pavé qui se bat
A vous
A nous
Plus de mousse champagne
Plus de timbres oblitérés
Plus de salles opératoires
A vous
A nous
Une terre qui se déchire
Toujours
J’insiste
Pour
Une meilleure respiration
mercredi 28 février 2007
LEZENNES MAIL WOR[L]D 158
Pas facile de tenir la rampe
Quand tout se déglingue
Je fixe des yeux
La cible !
Fier de mes deux jambes,
Je crierai : - je suis entier,
Je reste !
Vladimir Maïakovski
mardi 27 février 2007
LEZENNES MAIL WOR[L]D 157
Pas question
D’habiller le monde
Ni de le redorer
Il est
Surtout
Question
De mettre en rapport
Ce que l’on sait
Avec
Ce qu’on ne sait pas
De lier
Les parties
Qui ne se ressemblent pas
Non pas de les mélanger
De les mixteuriser
Mais de les poser
Face à face
Pour que l’oubli
Ne les appareille pas
Vers des voies de garage
lundi 26 février 2007
LEZENNES MAIL WOR[L]D 156
Pas de nouveaux messages
Sur l’écran
Mais
J’entends
De loin
De très loin
Le long murmure de
Misery is The River Of The World
Tom Waits
Glisse
Sur le haillon noir de mes rêves











