Lezennes Mail

Blog de dominique delhaye : textes d'humeur, poésie, politiquement contre, humour, coups de gueule, littérature, critique, photos, dessins, art

samedi 5 novembre 2005

LEZENNES MAIL SCENES 90

une_nouvelle_dimension

Très cher,

Me voilà donc arrivé au terme de mes pérégrinations. Je ne pensais pas en arriver là. Si je me suis avancé dans de tels territoires, ce n’est certes pas pour que l’information recule. J’ai beau me dire, tu n’aurais pas dû, ce ne sont pas tes oignons, qu’est-ce qui t’a pris de... Non, je me suis avancé un point c’est tout. Ce ne sont que de petites scènes. Elles m’ont follement amusé. Même si c’est le noir qui a prédominé : on ne se refait pas. Elles m’ont aidé à passer le cap de l’hiver. A affronter le mur du silence. A dépasser un peu mes propres peurs. A émerger de ce qui ne cesse de me hanter, cette inexistence de soi. En espérant que «  le beau soulèvera peut-être sa casquette devant la morne porte pour offrir l’une de ces boîtes... une jolie boîte de bonbons couleur lavande [qui] trône humainement, oui c’est ça, touchante et solitaire, et que la seule personne qui remarque les drugstores un samedi soir est forcément seule et solitaire, mais aussi parce que dans les ténèbres miroitantes du samedi soir (...) les boites de bonbons au chocolat signifient que l’on va rester chez soi malgré la prétendue liesse générale... ». (Kérouac, Visions de Cody).

Requiescat in pace. Bises à tous deux.

dominique.

FIN

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vendredi 4 novembre 2005

LEZENNES MAIL SCENES 89

les_banques_misent_sur_les_jeunes

Très cher,

« La séduction absolue du mal, c’est la provocation au combat ». Dixit Kafka. Rien n’est plus beau pour les ados que de vivre avec le sida ! Rien n’est plus charmant pour eux que de vivre avec des milliers d’interdits ! Les banques misent sur eux. C’est juteux. Et le plus tôt possible s’il vous plaît ! Ca les excite. Et pendant que les jeunes brûlent des voitures dans des banlieues abandonnées de tous, les banques ne se sentent plus. Pas question pour eux de comprendre ce qui se passe ! Pas question de relever le défi de ceux qui veulent en sortir ! Non, leur intention est de « croque-moi tout ça !, j’vais te pomper la moelle et te mettre les burettes à zéro, te baiser comme jamais ! » Serait-ce la guerre ? - M’enfin, vous ne voyez pas ! ! ! ! Quel mal y a-t-il à tailler une pipe l’après-midi ? Tout cela est entré dans les moeurs des nicqués maousses. Pourquoi ne participerions nous pas fermement, avec les muscles de nos machoires aussi développées, à l’édification d’une société pornote ? Pour nous tous ! Ora pro nos bites ! Où est le mal ?

Ethiquement vôtre. Bises à Annick : qu’elle ne s’en offusque pas !

dominique.

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jeudi 3 novembre 2005

LEZENNES MAIL SCENES 88

si_vous_aimez_le_soleil

Très cher,

Ca ose parler soleil ? Je rêve ou quoi ? Et ça devrait nous suffire pour être les égaux des « autres possesseurs » ? Et en quoi s’il vous plaît ? Nous traiteriez-vous de possesseurs parce qu’on aime le soleil ? C’est le comble. Vous vous êtes vus dans une glace ? Et c’est chaque fois les mêmes litanies que j’entends à la radio, que je lis dans les magazines, que j’écoute à la télé. CA N’ARRETE PAS. C’est une véritable obsession. Ca laboure sec dans les tétères des puissants, des larbins et laquais politicards. Ca prend note, ça encercle, ça éduque, ça forge des tanks, ça cultive des misères bleues. Et t’as deux zoziaux, les mains dans les poches, la gueule enfarinée qui te sortent « On ne peut pas manifester aujourd’hui, on doit travailler... » On aura tout vu, non?

« Fire, fire ». Bises à Annick.

dominique.

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mercredi 2 novembre 2005

LEZENNES MAIL SCENES 87

nous_allons_vous_montrer_comment

Très cher,

Si un jour quelqu’un me disait «  Je vais te montrer comment exploiter les ressources que tu n’exploites pour ainsi dire pas », je peux te garantir que je lui volerais dans les plumes. Parce que je sais où il veut en venir. Ce n’est certes pas pour t’aider, pour essayer de t’en sortir. Mais uniquement pour renforcer une image qu’il a de moi (ou de toi) dans la seule intention que cela lui rapporte un max. Il n’y a pas de philanthropie. Ce que veulent ces charlatans, ce sont des grand-messes caritatives avec des stars à la clef, des foutoires humanitaires à se redorer le blason, des images consolatrices pour gommer les mauvaises images de marque. Pensent-ils vraiment que la bonté, la charité, la solidarité doivent courir les rues ? Aucunement. Leur seul et unique sacerdoce est de nous gaver d’images, de mots jusqu’à la nausée. Et ça continue : les années 80 n’ont pas suffi. Ca perdure, ça s’enfle : la « vahiné-gonflé » est partout... et la guerre continue et la haine coule à flot. Est-il possible que « nous avançons entre deux explosions » ?

« Sur cette terre, écrivait Mahmoud Darwich, il y a ce qui mérite vie : l’hésitation d’avril, l’odeur du pain à l’aube, les opinions d’une femme sur les hommes, les écrits d’Eschyle, le commencement de l’amour, l’herbe sur une pierre, des mères debout sur un filet de flûte et la peur qu’inspire le souvenir aux conquérants. » Et  ça, bande de nazes, vous n’arriverez jamais à me l’enlever !

« Freedom, freedom » lançait Jimi. Bises à Annick.

dominique.

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mardi 1 novembre 2005

LEZENNES MAIL SCENES 86

notre_m_tier_c_est_le_v_tre

Très cher,

Un surcroît d’images dans un monde délabré ! Les femmes ne sont que silhouettes qui se dissolvent dès qu’on les touche du doigt. Les arbres grignotent le ciel de leurs branches sans feuilles et les haies se déchirent informes, inarticulées...Et ils nous font déambuler dans cette chose immense, ridiculement insignifiante, avec cette assiduité irréprochable que « leur métier, c’est le nôtre » ! Notre vie serait-elle la leur ? Ont-ils vraiment la ferme intention de nous dire, qu’elle ne nous appartient pas, qu’elle ne serait que du vol ? Et qu’ils veulent nous la reprendre à tout prix de peur que nous l’utilisions contre eux ?

« The world to-day » ? Bises à Annick.

dominique.

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lundi 31 octobre 2005

LEZENNES MAIL SCENES 85

snapfs85

Très cher,

Ode à la création ? «  Mode création » ? Flashs publicitaires qui frappent le clavier de la nuit! Bribes de sens à la sauce cubiste ! Un siècle déjà ! Et pas une seule ride. Comme si, rien, rien ne s’était passé...ou plutôt si, l’unique question : Art ou Pub ? Qui en sort vainqueur ? Plus de doute. L’art fait partie du passé : celui des siècles antérieurs. Mère de tout cela, celle qui a enfanté cette engeance ? Le XIXème siècle, celui des expérimentations, des cassures, des amusements photographiques, des drôles d’oiseaux en tout genre. Celui qui fut tant décrié par les modernes ! Celui dont on nous a toujours fait croire l’inexistence ! A part quelques astres féconds ! Bref les semences ont franchement porté leurs fruits. Et quels fruits ! Pub, pub, mode !!!!

« Une saison en enfer » ? Bises à Annick.

dominique.

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dimanche 30 octobre 2005

LEZENNES MAIL SCENES 84

snapfs84

Très cher,

Seules lumières au bout de la nuit : des trouées explosives, une activité sans pareille, des usines décapitées. Je me souviens du début de « Minuit » de Mao Dun : « Light, Heat, Power », ces néons au-dessus des sky-scrapers ; ou de ce texte superbe de Kérouac « Me voilà donc assis à Jamaïca, Long Island... » (Visions de Cody). Cette somme de sons, de crépitements, de clapotements, de cris, issue de la nuit noire ; ou de cette nuit, après une longue journée de stop, près d’Orly, où je me suis allongé dans l’un des sillons d’un champ de pommes de terre, pour dormir ; où le ciel s’éclairait tous les trois minutes, troué par les bruits assourdissants des avions qui revenaient au bercail.

«Electric ladyland ». Bises à Annick.

dominique.

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samedi 29 octobre 2005

LEZENNES MAIL SCENES 83

snapfs83

Très cher,

Je ne sais pas pourquoi, mais les parkings ont toujours eu sur moi un effet d’aimantation. Serait-ce l’aire de repos, d’un rendez-vous clandestin, le point de départ pour de nouvelles destinations, l’arrêt provisoire pour un repos mérité ? Rien de tout cela. Peut-être serais-je moins intéressé par les emplacements qu’ils procurent que les lignes indicatrices, les bandes blanches sur les surfaces bitumées : celles-ci ressemblent étrangement aux rails de chemin de fer qui ne mènent nulle part si ce n’est vers des blocs de béton achélémiques, vers des cheminées d’usines fermées. Cette impossibilité totale à déployer une autre vie. Cette alimentation vers le bas. Sans commencement d’une possible ouverture. Serait-ce la voie royale d’une occupation des esprits, avec pour seule perspective, l’illusion d’un improbable départ ?

Rap, Rap...sodie en sous-sol. Bises à Annick.

dominique.

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vendredi 28 octobre 2005

LEZENNES MAIL SCENES 82

snapfs82

Très cher,

Je viens d’apprendre, par la radio, que des milliers d’internautes japonais ont correspondu avec une internette virtuelle. Ils lui écrivaient et elle leur répondait. Pensaient-ils embrasser la 3615 Ulla Kunu ou 3615 Vices et versa ? Non, elle était dotée d’une intelligence artificielle. Et les gogos internautes se voyaient rembarrer dès qu’ils commençaient à exprimer leurs obsessions sexuelles : ils n’avaient pas droit de...ils devaient se plier à... Déçus, certains l’ont quittée comme une vieille chaussette. Elle n’était pas à la hauteur de leurs désirs effrénés, elle ressemblait trop à la Vierge Marie ou à Ste Thérèse de l’enfant Jésus ( traduction française). Que n’invente-t-on pas pour conquérir le monde ?

E-mail ! E-mail ! No banzaï ! Bises à Annick.

dominique.

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jeudi 27 octobre 2005

LEZENNES MAIL SCENES 81

snapfs81

Très cher,

Fric, fric, fric, ne vois-tu rien venir ? - Non, ma belle. Le paysage est gratuit. - Comment ? Comment ? L’insupportable en vue. Le moindre arpent. La moindre faille. Ils s’y engouffrent. Comme les guerriers dans la masse ennemie. Cette envie (l’invidia bruegelienne) à tout prix de remplir. De remplir son sac, son coffre, son nom. D’occuper tout abri, tout espace vert. S’agrandir. Tapisser ciel et terre, marges et couloirs.

The beat goes on, the beat goes on ! Bises à Annick.

dominique.

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