Lezennes Mail

Blog de dominique delhaye : textes d'humeur, poésie, politiquement contre, humour, coups de gueule, littérature, critique, photos, dessins, art

samedi 9 avril 2005

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Circulez... La chose est entendue.

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vendredi 8 avril 2005

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“Souvenir des Opérations Militaires dans la Province de Langson contre les Pirates de la Région frontière de Dong-Dang. Combat de Gia-Muc, 24 février 1914.

Nos pertes : Antolini sergent, tué en montant à l’assaut à 15 mètres de la tranchée ennemie. Baretge, adjudant, bras droit fracassé en montant à l’assaut... Poupi, chien du capitaine Bourchet, blessé grièvement à la gorge à mes côtés au cours de l’action.

Durée du combat : cinq heures.

Résultat acquis : Occupation de la côte 728. Sergent Debril sans égratignure arrive le premier au sommet. Les pirates sont repoussés en Chine emportant plusieurs blessés et laissent dans les tranchées le corps d’un de leurs chefs qu’ils n’ont pu emporter. Pour satisfaire et tranquiliser les populations de la région la tête de ce chef a été tranchée et exposée aux regards de tous sur le marché de Dong-Dang »













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jeudi 7 avril 2005

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Des luttes passées, ils ne nous passeront, filtreront que de succédanés d’images. Nous ne sommes devenus que des images innocentes, dénervées, vampirisées de leurs sens. Des images laminées, noircies, rafistolées, empaquetées comme du linge sale. En aucun cas, éclatantes. Vous voyez bien : Eux n’hésitent pas à nous brouiller, à nous effacer. Ne pas oublier qu’ils sont les seuls garants de l’unique image-miroir d’eux-mêmes. Elle seule compte. Ils ont cela dans le sang. Mais quand un seul cheveu de leurs cailloux se fait faucher, ils osent, ils s’autorisent, à nous faire avaler de force que ce qui leur arrive, arrive à l’ensemble du monde. «  Tous américains ! » aboient et bêlent les toutous et les moutons de l’europe apprivoisée. Ah ! Cette solidarité entre coquins et bandits ! Quelle confession ! Quelle fierté ils offrent au monde. Ils sont l’amande cacaotée que croquent à belles dents les impuissants, incapables de choisir d’autres voies, de se démarquer de l’excès de puissance de la poule aux oeufs d’or ! Ils sont LE MONDE. Et mon vécu ? C’est du poulet ? Ce n’est pas si sûr. Nous ne sommes qu’une image déambulant les rues avec nos drapeaux déchiquetés, le corps brisé et les yeux qui se sont arrêtés de briller. Quel grand mal y a-t-il à ne nous considérer comme des boules noires qui roulent inutilement dans la sciure du temps ? Aucun. Aucune mort ne mérite celle qu’ils viennent de subir un certain onze septembre deux mille un !

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mercredi 6 avril 2005

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Monde plus que jamais recherché. La grande incision. Mondes isolés. Cette folle liberté utopique molle, sans nerf. Monde à têtes de petits soldats poivrés. Alignés, ne reproduisant qu’eux-mêmes. Etoiles sans ciel. Etoiles coupées dans la nuit blanche. Cailloux sans électricité. La grande marche des isolateurs.

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mardi 5 avril 2005

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Fondre toutes choses en grains. Désagréger la matière. Faire surgir la lumière sous les grains du volcan intérieur. Parfum blanc sur table d’opération. Où dirigerons-nous les yeux ? Point de pansements. Guerre clinique. Sans faille. Irréalité enchassée. Plus douce, plus incognito que jamais. Lavoir blanc du monde qui jamais n’existera pour eux. Cette nécessité de la poussière infinie.

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lundi 4 avril 2005

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Eteindre,allumer. Allumer, éteindre. On vient de mourir et les lumières s’allument. Les martyrs ne pardonnent rien. Mais subjuguent l’immense vérité glacée. Ils n’étaient rien et les voilà soudainement agissant comme des hirondelles blanches. Ils n’étaient rien mais la mort les habille en bible, en coran, en idéologie de colliers et d’épaves. Ou bien... Ou bien... ils ne s’y agenouillent point. Ils s’allument et s’éteignent. Ils s’éteignent et s’allument. Et rien n’arrêtera l’aveuglante architecture de la vengeance.
Nos utopies ne sont pas les leurs, mais n’en sont pas meilleurs.

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dimanche 3 avril 2005

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Les ombres sont notre avenir. Elles épousent le sol de nos convictions. Elles les portent au loin. Mais nous ne sommes pas dupes : l’horizon n’est pas victoire. Aussi transportons-nous rapidement là où ils ne nous attendent pas. Sautons là où ils piétinent. Faisons en sorte qu’ils en soient terrifiés, qu’ils éprouvent un sentiment de véritable insécurité. Sachons que s’ils font du tapage médiatique, c’est uniquement pour se rassurer. Alors volons, courons, sautons, rusons. Mais sans s’étourdir des lendemains, sans se laisser troubler par l’irrémédiable retour de bâton. L’avenir leur donnera sans doute raison : ils ont bien trop de pierres financières dans leurs poches. L’argent corrompt. Même nous, nous pouvons y succomber. Mais rien n’arrêtera notre saut vers l’espérance d’une balle, vers la canicule de nos amours retrouvés. Rien ne nous empêchera de cisailler le mépris, la haine et rien ne nous empêchera de voler au secours des soleils qui s’enfoncent dans les ténèbres.













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samedi 2 avril 2005

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Ils ont planté leur système de communication comme un clou dans le mur. Ils s’imaginent nous posséder parce que devant eux nous nous sommes toujours présentés comme des nappes de table où se posent les ustensiles de notre servitude. Ils s’imaginent. Eh bien, laissons-les ! Qu’ils s’affairent dans l’urgence ! Ne leur laissons rien qui puisse les faire douter de leurs certitudes ! Ils nous tiennent par le collier ; ils nous tiennent par l’esprit, par ce consensus qui veut qu’une rivière sans berge est une mer qui s’étale et noie tout sujet récalcitrant. Laissons-les dans leur vaisselle à communication. C’est leur problème. Nous, nous avons d’autres vues sur le réel. Et cela, nous le savons : continuons la nuit à couper les fils de leurs marionnettes. Parce que nous n’avons jamais négligé après tant de siècles le schéma général de leurs mouvements ; parce que nous avons appris aussi qu’il était plus sage de ne pas leur présenter une forme susceptible de nous définir clairement. Ils nous méprisent ? Eh bien, soit ! Ils nous prennent pour des buveurs d’eau, uniquement capables d’ingurgiter du « yes,sir ! » ?. Qu’ils en soient convaincus ! Savent-ils du moins que l’eau n’a pas de forme stable ? Peut-être pas. Ne restons donc pas identiques à nous-mêmes ! Offrons-leur des images, de celles qui flattent, de celles qui rassurent et reposent l’esprit. Et coupons net, par surprise, le grand interrupteur. La nuit leur sera plus effrayante, plus terrible, plus mortelle. Varions donc notre manière. A l’infini.

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vendredi 1 avril 2005

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Serties dans des cellules étroites, faire diversion à la douleur, le peut-on vraiment ? Néons, barreaux, matricules nous rétrécissent encore davantage. Serions-nous des cercueils en attente de délivrance ? L’amour y serait-elle parquée, morte définitivement ? Possible de la vendre pour quelques pièces ? Non, la solitude s’engouffre comme une assoiffée dans le béton de perdition. Nous reconnaîtra-t-on ? Un jour ? Le bruit de l’orage, la colère, l’abattement de nos sens nous dévorent. Les anges de lumière se dissiperont-ils dans un désordre de chagrin ? A quand nos visites ? A quand le premier signe de tendresse à notre égard - même si nous avons causé la mort de nos maris abjects - dans cet isolement irrémédiable ? Nos soleils sont noirs, nos figures hideuses et nos voix rauques. Il ne nous reste plus que ce ciel, cette parcelle de bonheur rare qui fait fuir l’esprit claustral. Ce ciel qui éclaire notre froid, notre tristesse, ce ciel qui s’allonge comme une route, ce faible espoir de notre existence.

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jeudi 31 mars 2005

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La pause-café. L’arrêt provisoire. La ponctuation du jour. Nous sommes pareils à ces cafés noirs, posés à même le sol. Nos jambes les accompagnent après la longue marche des soucis, des douleurs et des désespoirs. Ils sont là, ils nous prolongent en bien, en minutes de repos, remettent à plus tard l’anxiété. A l’abri du soleil. L’étrange sentiment que pour une fois la vie retrouve son besoin de s’alléger, de se simplifier, de goûter un peu à la liberté, à la vulnérabilité des êtres. Lentement, avec délectation. Pour une fois, les mots n’ont pas les traits de la supercherie. Ils coulent en vagues, en caresses dans la gorge du temps.

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