jeudi 3 mars 2005
LEZENNES MAIL STANZE,...13

Les lumières s'accrochent aux oiseaux comme un help dans le froid des coeurs abandonnés
Charlie et Miles glissent sur les fils des hautes tensions se faufilent comme des espiègles
Espérant toucher la bille d'or de ce qu'ils ont perdu
S'accrocher aux branches de l'air éparses de la nuit
Déchirant les boites en cartons de nos vies
Ils s'échappent sur les rails des paradis que personne n'a conquis
Ils nous entraînent loin loin avec leurs canifs décapsulant les ancres des ports décatis et des chaises antiques
Qu'espères-tu voir en t'agrippant à l'ombre de ta vie égrènent-ils de leur saxe
Accompagne-nous viens déserte les champs de ruines qu'on nous laisse
Blue bird nous cadence sa correspondance viens accompagne-nous dans le quartier des arpèges d'or hors des marbres des fausses articulations électriques
Loin loin
Des mondes mangecrève loin loin des biographies des bouts de chandelle
Des habits à casquettes creuses
Méditerranée je viens les blue birds circulent à l'air libre et Ritsos nous surprend dans son « à quoi bon les étoiles si tu n'es pas là »
Les cordes n'ont pas d'espérances
Seuls en ont les corps des saxes
Qui déclament sans raison les amours
Qui n'ont plus de noms
Il suffit de les rappeler
Et les raisins volés sur les murs décrépis
Glissent dans notre bouche
mercredi 2 mars 2005
LEZENNES MAIL STANZE,...12

mardi 1 mars 2005
LEZENNES MAIL STANZE,...11

lundi 28 février 2005
LEZENNES MAIL STANZE,...10

Les oiseaux n'ont plus de plumes l'arbre
S'efface sous le bandeau des aveugles nés
Je n'ai rien dit la pluie se blottit
Dans les petites annonces de l'indécence et puis
A travers les murs des disparitions
Les visages de l'inconnu chassent les éclats de verre et les multiples guerres coriaces et puis
A nouveau sous l'orangeraie
Des paradis réparés se déploie autre
L'amour à jamais reconquis sur la corde des mots perdus ou broyés et puis
Sur la pointe des pieds dans l'herbe encore verte du temps se faufile nu
Et frémissant l'hard time killing floor
De Buddy Guy
Le jour se lève la lune se cache
Et puis...
dimanche 27 février 2005
LEZENNES MAIL STANZE,...09

Le mur le mal la mort l'amour michel ne cessent de nous répéter que l'amour n'a pas de frontières
Les allitérations nous mènent par le bout du nez là où brillent les couteaux
Les murs nous parlent encore
Le mal n'est qu'un oiseau en armes
La mort nous accompagne
L'amour s'agrippe aux étoiles
Pour que nous ne nous perdions plus dans la poussière des immeubles de la connaissance et des certitudes
Les tribus marmonnent leurs difficultés à perdre leur suffisance
Elles martèlent leurs piétinements dans les prisons de leurs sens
La nuit avance à grands pas
Et je suis là à t 'écrire mes lettres à Essenine
Comme des mots jetés à la fenêtre
Dans l'espoir d'une étoile filante
Qui me mènerait dans la cour d'une éternité
Celle des enfants
Que nous ne sommes plus
Attendant le boulevard illuminé
Des paradis que tu chuchotais à l'oreille
Des murs dorés et des phrases transcrites
Pour conjurer le sort de ceux qui ne veulent pas vieillir
Sous la peau de l'inhumaine nature
Dans l'espoir d'ouvrir quelques fenêtres
Et d'embrasser quelques corsages
Les birds of paradise des amours aveugles
Et de ceux qui ne se taisent plus
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samedi 26 février 2005
LEZENNES MAIL STANZE,...08

Je m'accroche aux murs des disparitions aux étoiles éteintes de la vie
Les brouillards se sont dressés pour que nous ne voyions plus la lumière des mots
La lumière des luminaires les white strips des routes et des indications à suivre
L'homme, mon frère, prévenu de ses dangers de ses futures crises s'est tu
La crise cardiaque l'a renversé sur le carreau des toilettes
Il n'a rien dit la vie n'était qu'un songe n'était pas ce qu'on lui disait
L'imprudence ne se percevait plus elle circulait comme bon lui semblait
Au milieu des cortèges et des accidents routiers et au bout de ses poings
Rageurs à force de ne point faire circuler le poison de son inhumanité
Le stress électrique l'a cloué et personne ne se doutait que le train passait à cette heure
Personne ne s'attendait à ce que le bleu de son travail se déchirerait que le corps
S'éloignerait de la vie se séparerait de la chambre de ses rêves
Il ne lui restait chaque jour depuis des années qu'un peu de pan de lumières
Chaque lundi à la même heure avec le même bruit de son diésel mal réglé
Il sonnait pour goûter à la vie de notre présence tantôt effilochée tantôt perturbée
Nos chats faisaient leur révérence et s'allongeaient sur son imprudence cachée
Les chiens savent que leur vie n'était pas celle qu'ils désiraient ils n'attendent plus
Que le jour puisse se lever ils n'attendent plus
Qu'un peu de tendresse en fin de parcours
Des mots simples pour colmater l'arbre blessé
Il ne disait rien sa vie ne portait plus d'habits
Ses mains n'entendaient plus les manèges qui grinçaient à la porte du coeur
Il s'en est allé avec comme unique papier
Une simple photocopie de sa pièce d'identité
Nos murs n'ont plus de miroir
Nos rues n'ont plus de voitures
La mort s'est habillée dans sa chambre funéraire
Reposée
La lèvre encore présente de sa vie
Ecorchée
Que même la mort ne pourra effacer
vendredi 25 février 2005
LEZENNES MAIL STANZE,...07

A nouveau l'aube noire Charlie Parker plante dans la chambre du temps son bird of paradise
Les oiseaux de la nuit ne se sont pas encore pointés sur les fils barbelés du jour
Parker saxe sur les bordures du coeur il swingue ses mélodies il t'emmène
Dans l'absence des autres dans l'échancrure du temps il t'accroche
Pour ne point sombrer je n'ai rien dit je l'ai laissé surfer jusqu'à la prochaine station des cafés matinaux
Puis il s'est tu la morgue c'est pour bientôt des heures à attendre des heures
A supporter la famille décomposée par le temps noyée par l'inhumanité juste un aller-retour même pas de bonjour juste des au-revoirs calculateurs et dans la Poche un butin d'un pick-pocket du frère non encore enterré
Des heures à essayer de retrouver les yardbirds de Parker pour ne plus souffrir
Ne plus les voir les larmes sont des valises qu'on ne sait plus transporter
Seul
Des heures à attendre les frontières de la nuit les nuits xanax les nuits stresam
Je n'ai rien dit les tribus ne m'ont pas attendu
Elles sont parties avec ton paradis tes amours et mes cris étouffés
Parker saxe dans ma mémoire pour ne point sombrer
Son bird of paradise creusant à tout prix à n'importe quel prix
Une vita nova qui me manquait
L'aube n'est toujours pas là le brouillard l'a emportée
Je n'ai rien dit il faut y aller
jeudi 24 février 2005
LEZENNES MAIL STANZE,...06

Les musiques perdent leur chemin en route les red shoes
S'installent dans les tavernes de l'imprudence
Je n'ai rien dit la fumée embrassait les murs et la tête d'O.
Tom Waits me poursuivait de son romeo is bleeding
Je n'ai rien dit je me suis installé dans les pouffes des paradise
Me suis faufilé entre les jambes des tribus
Aucune n'était à découvert je n'ai rien dit
La plupart fumait leur paradis sur place comme s'il ne voulait voir
Personne pas même un mot pas même un regard
Les aveugles s'aiment entre eux
Dehors des filets de lumière des boules tourbillonnnantes
Et les haut-de-forme des fêtes circulaient comme des billes éberluées
Je t'écoutais les mots coulaient sur les murs des esquermoises
Un miel doré pour contrer les wrong side des routes aux couteaux retournés
Je n'ai rien dit je t'écoutais mes portes ne s'ouvraient pas
La mort me faisait du stop dans les neurones
Devant la tristesse de ta présence je n'ai pas su
Je n'ai su que te dire que j'habitais inferno ne m'en veux pas
Le ciel réapparaîtra avec ses spirales d'or
Ne reste pas intranquille cela ira
Les tribus dansent pour moi sur les murs immobiles
Cela ira je fais un noeud au feu
N'oublie pas les couleurs du futur que tu as choisies
Dans la lecture des paradis invulnérables
Moi je n'oublierai pas
mercredi 23 février 2005
LEZENNES MAIL STANZE,...05

I wonder why wonder why le blues de nos constructions grimpe les escaliers
Chaque fois que les vitres du jour se brisent que le brasier des passions se cloue
Aux quatre coins des chambres aux couronnes de flammes
I wonder why les lueurs de l'aube tardaient à venir
Aube des mots des sugar mama qui t'embrassaient le corps encore chaud et la lèvre humide du café frémissant aube aube des jambes longues sur l'herbe des rêves aube des amours qui s'attachent te quittent reviennent comme des vagues
Sur le sable brûlant des mers argentées
Les rivières se perdent se changent les arbres s'étoffent s'étouffent
O mon amour pourquoi cours-tu si vite dans les disparitions
Pourquoi fuis-tu l'immensément blanc de ma vie
Serais-je devenu le corbeau noir qui ne se détache des gerbes lourdes des moissons
Pourquoi ton visage ne ressemble plus à celui que j'ai posé sur le mur
Pourquoi fais-tu tout pour te cacher
Ne vois-tu pas que les grecs ont ce devoir d'être nu là où git la seule vérité
Pourquoi reviens-tu avec la poussière des autres me le montres-tu
Avec tant d'insistance
On ne lave pas les beautés les corps perdus on les caresse elles sont
Des chemins qui ne mènent nulle part mais il y a tant de beauté
Dans ce qui commence
Les poussières sont des étoiles que tu ne vois plus
Elles sont là
Sur le mur
N'oublie pas de les emporter
Moi je continuerai mon chemin
Toujours à ta recherche
Même si tu as choisi d'autres vérités périssables
L'aube l'aube attends-moi que je t'embrasse
Les nuits d'hiver sont longues et les passeports n'ont pas encore
Leurs visages sur le papier
Si tu es pressée ne m'attends pas
Les voiliers de Sète sillonnent les champs
Et j'attendrais comme un fou
Ton absence
mardi 22 février 2005
LEZENNES MAIL STANZE,...04

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J'allais t'écrire mais onze heures moins le quart de ce matin
Sur le mur une autre mort s'est inscrite un simple retard
Un stress plus fort au travail l'abat que me dis-tu
Une crise cardiaque ne prévient pas elle attaque quand il ne faut pas
Mes chats ont perdu leur seul ami il ne viendra plus le silence a pris place
Dans sa seule demeure ils n'entendront plus de la rue le diesel de sa voiture
Je voulais te dire que nos imprudences n'ont cessé d'être des poignards
Invisibles
Sur le mur les sourires ont disparu
Les tribus s'entrechoquent sur les autoroutes les retards ont croqué son coeur
Le froid s'est abattu il tomba la samu s'est serrée dans le couloir tenta
Une dernière fois
De le ranimer
En vain
Le froid fut plus fort le coeur s'arrêta
Ses collègues fermèrent à clef la porte de la vie
Mes chats promènent son deuil dans les bras de sa soeur et de moi-même
Le soleil n'est plus qu'un papier froissé
Et les heures commencèrent à s'enfoncer dans l'ombre
Quelque chose de muet quelque chose d'intraduisible
S'étala sur le carreau d'un balcon qui n'a plus de paysage
Ni oiseaux ni poissons
Quelque chose qui n'a plus de sens
Quelque chose emplie d'une solitude qui s'empresse de se dresser
Sur la charpente de nos coeurs
Quelque chose qui n'a plus de sens
L'ombre d'un clou oui quelque chose comme l'ombre d'un clou
S'est installée sans usage
Sur le mur de l'amour sans visage
Je ne voulais pas te quitter mon ami sans te dire
Que mes nuits avec celle que j'aime appartiendront encore aux chaussures des tués

