Lezennes Mail

Blog de dominique delhaye : textes d'humeur, poésie, politiquement contre, humour, coups de gueule, littérature, critique, photos, dessins, art

jeudi 3 mars 2005

LEZENNES MAIL STANZE,...13

Les lumières s'accrochent aux oiseaux comme un help dans le froid des coeurs abandonnés

Charlie et Miles glissent sur les fils des hautes tensions se faufilent comme des espiègles

Espérant toucher la bille d'or de ce qu'ils ont perdu

S'accrocher aux branches de l'air éparses de la nuit

Déchirant les boites en cartons de nos vies

Ils s'échappent sur les rails des paradis que personne n'a conquis

Ils nous entraînent loin loin avec leurs canifs décapsulant les ancres des ports décatis et des chaises antiques

Qu'espères-tu voir en t'agrippant à l'ombre de ta vie égrènent-ils de leur saxe

Accompagne-nous viens déserte les champs de ruines qu'on nous laisse

Blue bird nous cadence sa correspondance viens accompagne-nous dans le quartier des arpèges d'or hors des marbres des fausses articulations électriques

Loin loin

Des mondes mangecrève loin loin des biographies des bouts de chandelle

Des habits à casquettes creuses

Méditerranée je viens les blue birds circulent à l'air libre et Ritsos nous surprend dans son « à quoi bon les étoiles si tu n'es pas là »

Les cordes n'ont pas d'espérances

Seuls en ont les corps des saxes

Qui déclament sans raison les amours

Qui n'ont plus de noms

Il suffit de les rappeler

Et les raisins volés sur les murs décrépis

Glissent dans notre bouche

Comme des baisers

A notre éternité

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mercredi 2 mars 2005

LEZENNES MAIL STANZE,...12

Les morts nous ont quittés je te confesse encore en voyou qu'ils nous ont vraiment quittés

Les larmes sont comme des faulx les langues n'ont plus de voix

L'oiseau pépille sur les arbres des cimetières l'homme abandonne son âme dans le chant qu'il profère

Je ne sais plus comment faire comment

Te dire pourquoi

Les fleurs dressent leurs seins au-dessus de la mort

Comment te dire pourquoi la pierre brille dans l'herbe bleue des défaites

Non je ne sais plus si le ciel porte encore ses poutres de fer ni ne sais si sur les vitres rouges des rues se déshabille l'amour

Quelle vita nova de voyou m'attend au bas des escaliers

Les tribus se dispersent dans la nuit et le pas lourd

Je m'engage dans les mouchoirs de l'inconnu de l'inconscience parmi les étoiles des mots qui me viennent

Les morts nous ont quittés

Qu'à cela ne tienne même si

L'amour meut ciel et terre

Je le confesse en voyou dans l'entrepôt des pompes funèbres est né le travail de la nuit de l'amour est né le soufre de la vie ceux qui meurent laissent un clair de lune

Que nul n'a su que nul n'a vu

Dans le climat de haine s'éveillent des mains de joie le fruit des cachettes

De celle qui s'appelle Laura

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mardi 1 mars 2005

LEZENNES MAIL STANZE,...11

Je n'ai rien dit atteintes d'hémorragie cérébrale mes images

Se bousculent se perdent dans le chaos

Mes mots n'ont plus la couleur du dire

Ils s'effilochent dans le bruit des verres de l'inexistence

Les tribus ont repris la route sous l'ombre apaisante du chuchotement des paradis de l'amour à reconquérir

L'oeil éperdu noyé

J'ai tenté de caresser les cheveux de la vita nova

Les nuques se sont redressées comme des épis et les murs se sont rapprochés pour me dire que les langues de bois

Ont déserté le champ des étoiles

Je n'ai rien dit le corps hérissé les doigts crispés

J'ai tenté de te dire que les rapaces de l'invisible ne m'ont pas transformé

En oiseau pour connaître le contentement et la joie qu'ils éprouvent à vivre

Léopardi s'est envolé en me volant son éloge des oiseaux

Je n'ai rien dit parce que tout cela

Ne m'appartenait plus

Les tribus ont repris la route et m'ont laissé sur la corde des mots

Du désenchantement

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lundi 28 février 2005

LEZENNES MAIL STANZE,...10

Qu'on enlève la mode des mots qu'on leur laisse la chair la voix la peau et

Un peu de cette brûlure qui leur donne vie les bruits s'épuisent à force de les cimenter à l'eau bénite des génuflexions

L'avant-coureuse des défaites où la bouche s'effraie et résonne à l'heure des repas en babils insolubles

Les oiseaux n'ont plus de plumes l'arbre

S'efface sous le bandeau des aveugles nés

Je n'ai rien dit la pluie se blottit

Dans les petites annonces de l'indécence et puis

A travers les murs des disparitions

Les visages de l'inconnu chassent les éclats de verre et les multiples guerres coriaces et puis

A nouveau sous l'orangeraie

Des paradis réparés se déploie autre

L'amour à jamais reconquis sur la corde des mots perdus ou broyés et puis

Sur la pointe des pieds dans l'herbe encore verte du temps se faufile nu

Et frémissant l'hard time killing floor

De Buddy Guy

Le jour se lève la lune se cache

Et puis...

 

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dimanche 27 février 2005

LEZENNES MAIL STANZE,...09

Le mur le mal la mort l'amour michel ne cessent de nous répéter que l'amour n'a pas de frontières

Les allitérations nous mènent par le bout du nez là où brillent les couteaux

Les murs nous parlent encore

Le mal n'est qu'un oiseau en armes

La mort nous accompagne

L'amour s'agrippe aux étoiles

Pour que nous ne nous perdions plus dans la poussière des immeubles de la connaissance et des certitudes

Les tribus marmonnent leurs difficultés à perdre leur suffisance

Elles martèlent leurs piétinements dans les prisons de leurs sens

La nuit avance à grands pas

Et je suis là à t 'écrire mes lettres à Essenine

Comme des mots jetés à la fenêtre

Dans l'espoir d'une étoile filante

Qui me mènerait dans la cour d'une éternité

Celle des enfants

Que nous ne sommes plus

Attendant le boulevard illuminé

Des paradis que tu chuchotais à l'oreille

Des murs dorés et des phrases transcrites

Pour conjurer le sort de ceux qui ne veulent pas vieillir

Sous la peau de l'inhumaine nature

Dans l'espoir d'ouvrir quelques fenêtres

Et d'embrasser quelques corsages

Les birds of paradise des amours aveugles

Et de ceux qui ne se taisent plus

 

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samedi 26 février 2005

LEZENNES MAIL STANZE,...08

Je m'accroche aux murs des disparitions aux étoiles éteintes de la vie

Les brouillards se sont dressés pour que nous ne voyions plus la lumière des mots

La lumière des luminaires les white strips des routes et des indications à suivre

L'homme, mon frère, prévenu de ses dangers de ses futures crises s'est tu

La crise cardiaque l'a renversé sur le carreau des toilettes

Il n'a rien dit la vie n'était qu'un songe n'était pas ce qu'on lui disait

L'imprudence ne se percevait plus elle circulait comme bon lui semblait

Au milieu des cortèges et des accidents routiers et au bout de ses poings

Rageurs à force de ne point faire circuler le poison de son inhumanité

Le stress électrique l'a cloué et personne ne se doutait que le train passait à cette heure

Personne ne s'attendait à ce que le bleu de son travail se déchirerait que le corps

S'éloignerait de la vie se séparerait de la chambre de ses rêves

Il ne lui restait chaque jour depuis des années qu'un peu de pan de lumières

Chaque lundi à la même heure avec le même bruit de son diésel mal réglé

Il sonnait pour goûter à la vie de notre présence tantôt effilochée tantôt perturbée

Nos chats faisaient leur révérence et s'allongeaient sur son imprudence cachée

Les chiens savent que leur vie n'était pas celle qu'ils désiraient ils n'attendent plus

Que le jour puisse se lever ils n'attendent plus

Qu'un peu de tendresse en fin de parcours

Des mots simples pour colmater l'arbre blessé

Il ne disait rien sa vie ne portait plus d'habits

Ses mains n'entendaient plus les manèges qui grinçaient à la porte du coeur

Il s'en est allé avec comme unique papier

Une simple photocopie de sa pièce d'identité

Nos murs n'ont plus de miroir

Nos rues n'ont plus de voitures

La mort s'est habillée dans sa chambre funéraire

Reposée

La lèvre encore présente de sa vie

Ecorchée

Que même la mort ne pourra effacer

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vendredi 25 février 2005

LEZENNES MAIL STANZE,...07

A nouveau l'aube noire Charlie Parker plante dans la chambre du temps son bird of paradise

Les oiseaux de la nuit ne se sont pas encore pointés sur les fils barbelés du jour

Parker saxe sur les bordures du coeur il swingue ses mélodies il t'emmène

Dans l'absence des autres dans l'échancrure du temps il t'accroche

Pour ne point sombrer je n'ai rien dit je l'ai laissé surfer jusqu'à la prochaine station des cafés matinaux

Puis il s'est tu la morgue c'est pour bientôt des heures à attendre des heures

A supporter la famille décomposée par le temps noyée par l'inhumanité juste un aller-retour même pas de bonjour juste des au-revoirs calculateurs et dans la Poche un butin  d'un pick-pocket du frère non encore enterré

Des heures à essayer de retrouver les yardbirds de Parker pour ne plus souffrir

Ne plus les voir les larmes sont des valises qu'on ne sait plus transporter

Seul

Des heures à attendre les frontières de la nuit les nuits xanax les nuits stresam

Je n'ai rien dit les tribus ne m'ont pas attendu

Elles sont parties avec ton paradis tes amours et mes cris étouffés

Parker saxe dans ma mémoire pour ne point sombrer

Son bird of paradise creusant à tout prix à n'importe quel prix

Une vita nova qui me manquait

L'aube n'est toujours pas là le brouillard l'a emportée

Je n'ai rien dit il faut y aller

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jeudi 24 février 2005

LEZENNES MAIL STANZE,...06

Les musiques perdent leur chemin en route les red shoes

S'installent dans les tavernes de l'imprudence

Je n'ai rien dit la fumée embrassait les murs et la tête d'O.

Tom Waits me poursuivait de son romeo is bleeding

Je n'ai rien dit je me suis installé dans les pouffes des paradise

Me suis faufilé entre les jambes des tribus

Aucune n'était à découvert je n'ai rien dit

La plupart fumait leur paradis sur place comme s'il ne voulait voir

Personne pas même un mot pas même un regard

Les aveugles s'aiment entre eux

Dehors des filets de lumière des boules tourbillonnnantes

Et les haut-de-forme des fêtes circulaient comme des billes éberluées

Je t'écoutais les mots coulaient sur les murs des esquermoises

Un miel doré pour contrer les wrong side des routes aux couteaux retournés

Je n'ai rien dit je t'écoutais mes portes ne s'ouvraient pas

La mort me faisait du stop dans les neurones

Devant la tristesse de ta présence je n'ai pas su

Je n'ai su que te dire que j'habitais inferno ne m'en veux pas

Le ciel réapparaîtra avec ses spirales d'or

Ne reste pas intranquille cela ira

Les tribus dansent pour moi sur les murs immobiles

Cela ira je fais un noeud au feu

N'oublie pas les couleurs du futur que tu as choisies

Dans la lecture des paradis invulnérables

Moi je n'oublierai pas

 

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mercredi 23 février 2005

LEZENNES MAIL STANZE,...05

I wonder why wonder why le blues de nos constructions grimpe les escaliers

Chaque fois que les vitres du jour se brisent que le brasier des passions se cloue

Aux quatre coins des chambres aux couronnes de flammes

I wonder why les lueurs de l'aube tardaient à venir

Aube des mots des sugar mama qui t'embrassaient le corps encore chaud et la lèvre humide du café frémissant aube aube des jambes longues sur l'herbe des rêves aube des amours qui s'attachent te quittent reviennent comme des vagues

Sur le sable brûlant des mers argentées

Les rivières se perdent se changent les arbres s'étoffent s'étouffent

O mon amour pourquoi cours-tu si vite dans les disparitions

Pourquoi fuis-tu l'immensément blanc de ma vie

Serais-je devenu le corbeau noir qui ne se détache des gerbes lourdes des moissons

Pourquoi ton visage ne ressemble plus à celui que j'ai posé sur le mur

Pourquoi fais-tu tout pour te cacher

Ne vois-tu pas que les grecs ont ce devoir d'être nu là où git la seule vérité

Pourquoi reviens-tu avec la poussière des autres me le montres-tu

Avec tant d'insistance

On ne lave pas les beautés les corps perdus on les caresse elles sont

Des chemins qui ne mènent nulle part mais il y a tant de beauté

Dans ce qui commence

Les poussières sont des étoiles que tu ne vois plus

Elles sont là

Sur le mur

N'oublie pas de les emporter

Moi je continuerai mon chemin

Toujours à ta recherche

Même si tu as choisi d'autres vérités périssables

L'aube l'aube attends-moi que je t'embrasse

Les nuits d'hiver sont longues et les passeports n'ont pas encore

Leurs visages sur le papier

Si tu es pressée ne m'attends pas

Les voiliers de Sète sillonnent les champs

Et j'attendrais comme un fou

Ton absence

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mardi 22 février 2005

LEZENNES MAIL STANZE,...04

 

J'allais t'écrire mais onze heures moins le quart de ce matin

Sur le mur une autre mort s'est inscrite un simple retard

Un stress plus fort au travail l'abat que me dis-tu

Une crise cardiaque ne prévient pas elle attaque quand il ne faut pas

Mes chats ont perdu leur seul ami il ne viendra plus le silence a pris place

Dans sa seule demeure ils n'entendront plus de la rue le diesel de sa voiture

Je voulais te dire que nos imprudences n'ont cessé d'être des poignards

Invisibles

Sur le mur les sourires ont disparu

Les tribus s'entrechoquent sur les autoroutes les retards ont croqué son coeur

Le froid s'est abattu il tomba la samu s'est serrée dans le couloir tenta

Une dernière fois

De le ranimer

En vain

Le froid fut plus fort le coeur s'arrêta

Ses collègues fermèrent à clef la porte de la vie

Mes chats promènent son deuil dans les bras de sa soeur et de moi-même

Le soleil n'est plus qu'un papier froissé

Et les heures commencèrent à s'enfoncer dans l'ombre

Quelque chose de muet quelque chose d'intraduisible

S'étala sur le carreau d'un balcon qui n'a plus de paysage

Ni oiseaux ni poissons

Quelque chose qui n'a plus de sens

Quelque chose emplie d'une solitude qui s'empresse de se dresser

Sur la charpente de nos coeurs

Quelque chose qui n'a plus de sens

L'ombre d'un clou oui quelque chose comme l'ombre d'un clou

S'est installée sans usage

Sur le mur de l'amour sans visage

Je ne voulais pas te quitter mon ami sans te dire

Que mes nuits avec celle que j'aime appartiendront encore aux chaussures des tués

 

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